Les Derniers Jours de Pékin
Le 9 mai 1901, Le Figaro publie, en une, le premier épisode d’un récit qui s’étalera jusqu’à la fin du mois de décembre. Pierre Loti, célèbre pour ses romans orientalistes, y raconte son voyage en Chine, où il s’est rendu l’année précédente à bord du cuirassé Le Redoutable. En tant que lieutenant de vaisseau, il participe en effet à la guerre des Boxers qui secoue le pays depuis 1899, opposant les rebelles chinois (les Boxers) aux colons étrangers (l’alliance des huit nations, parmi lesquelles la France). Dans un lettre adressée au vice-amiral Pottier, Loti précise qu’il s’est « borné à noter les choses qui ont passé directement sous mes yeux au cours des missions que vous m’avez données et d’un voyage que vous m’avez permis de faire dans une certaine chine jusqu’ici à peu près inconnue. Quand nous sommes arrivés dans la mer Jaune, Pékin était pris et les batailles finissaient. » C’est néanmoins une cité saccagée que découvre Pierre Loti : la capitale, à l’été 1900, a vu la confrontation entre les légations étrangères assiégées et les troupes des Boxers soutenues par le pouvoir impérial. Le siège, qu’on appellera les « 55 jours de Pékin », s’est soldé par la victoire des puissances étrangères et le massacre des Chinois rebelles. La guerre des Boxers prend fin en septembre, avec la signature d’un traité de paix.
Le récit de Loti sera publié dans Le Figaro jusqu’au 30 décembre 1901 et paraîtra sous forme de livre en mars 1902.
Intéressant exemplaire, offert à un proche et fidèle camarade de Navale, Maurice de Lacoste. Natif de Metz en 1864, ce dernier entre à l’école navale en 1882, quinze ans après Loti. Aspirant de 1ere classe en octobre 1885, il est tout d’abord affecté dans la division navale d’Extrême-Orient. C’est lors de ces premières traversées qu’il rencontre Pierre Loti, qui navigue dans ces mers depuis la même année à bord du Mytho, l’un des onze transports officiels des forces navales en Extrême-Orient. C’est sur ce navire, durant un mois un mois de traversée, que Loti a rédigé en partie le manuscrit de Pêcheur d’Islande.
Lacoste est promu enseigne de vaisseau en octobre 1887, servant à bord d’innombrables bâtiments de la Marine française. Promu lieutenant de vaisseau en octobre 1893, il est successivement affecté sur plusieurs cuirassés puis croiseurs, les fers de lance de la Marine et les plus puissants des navires de guerre de l’époque. Il sera affecté ensuite à la direction centrale de l’artillerie navale, puis capitaine de frégate avant d’être affecté à l’état major en 1909.
Bel exemplaire.

