Les Bagages de sable

Paris, Gallimard, (27 août) 1962.
1 vol. (140 x 205 mm) de 240 p. et [2] f. Broché, sous étui.
Édition originale.

Un des exemplaires poinçonnés du service de presse.

Envoi signé : « À monsieur Raymond Queneau avec une grande admiration, en hommage reconnaissant, Anna Langfus ».

Prix Goncourt 1962. Née en Pologne en 1920 et rescapée du ghetto de Lublin, réfugiée en France après la guerre, Anna Langfus fait de son oeuvre un témoignage à la fois pudique et implacable sur l’expérience concentrationnaire et ses séquelles. Les Bagages de sable est son second roman, après Le Sel et le Soufre (prix Charles Veillon, 1960). Ses parents, restés dans le ghetto de Varsovie, ont disparu en 1943.

L’ouvrage raconte l’errance d’un jeune survivant des camps, hanté par la mémoire de ses parents assassinés et incapable de se reconstruire dans l’après-guerre. Par une écriture tendue, sans pathos mais d’une intensité dramatique rare, Langfus met en scène l’impossible retour à la vie normale, la culpabilité des survivants et l’écrasement du présent par le poids des disparus.

Quatrième femme à recevoir le prix Goncourt (après Elsa Triolet en 1944, Béatrix Beck en 1952 et Simone de Beauvoir en 1954), Anna Langfus marque l’histoire du palmarès par l’introduction d’une voix spécifiquement féminine et juive dans la littérature de la mémoire. Son oeuvre, admirée par Jorge Semprun ou Primo Levi, s’inscrit au premier rang des récits de survivants publiés en France dans les années 1960.

Rare envoi autographe : celui offert à Queneau, membre du jury Goncourt ; un témoignage de la reconnaissance d’une romancière trop tôt disparue (elle mourra en 1966, à seulement 46 ans, alors qu’elle travaillait à la rédaction d’un quatrième roman), dont l’oeuvre brève mais fulgurante reste un jalon essentiel dans la littérature de la Shoah et de l’après-guerre.

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