« Les Apôtres »

[S.l. 1946].
14 lignes en 1 f. (360 x 250 mm), sur papier timbré XVIIe.

#14142
250 

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« Les Apôtres »

[S.l. 1946].
Étonnant poème autographe évoquant le Chaos du Moulin, en Bretagne.

Il est longtemps resté inédit avant sa parution dans les Œuvres complètes en Pléiade, après sa découverte aux ventes André Breton.

Étienne-Alain Hubert, dans les Oeuvres complètes, date ce texte de 1946. Il est rédigé sur un papier ancien de réemploi, strictement identique à celui que Breton a utilisé pour répondre à un article de René Huyghe paru dans Les Cahiers du Sud de mars 1952. Il s’agit d’un classique papier timbré avec le cachet des armes de France et de Bourgogne accolées, la couronne royale et deux épées et la légende « Génnéralités de bourgogne » et dans le cartouche la valeur du tarif, ici vingt sol. Ce papier était à l’usage des documents administratifs.

Il met en scène le Chaos du Moulin, un site enchanteur au pied du lac du village de Huelgoat, dans les Monts d’Arrée, qui borde la rivière Fao, surnommée « la rivière d’Argent ». Elle serpente entre d’innombrables chaos aux formes étranges et recouverts de mousse, « torrent de pierres », comme le nomme Breton, qui serait l’oeuvre de Gargantua : le géant irascible aurait jeté là des blocs de pierre pour se venger du mauvais accueil des habitants de Huelgoat.

Le « camp d’Artus », également évoqué dans le poème, fut le plus important camp gaulois de la Gaule, vaste de trente hectares. Le rempart principal est décrit par Jules César dans De bello gallico, VII, 23. Il se trouve à quelques lieues du Chaos.

Huelgoat a pu interpeller André Breton pour ses berceaux littéraires : Victor Segalen y est décédé le 21 mai 1919, tenant son Shakespeare à la main, sur un promontoire surplombant le gouffre ; Paul Sérusier y a peint plusieurs tableaux ; et c’est également la terre d’origine de Jack Kerouac : son aïeul François-Joachim Le Bihan sieur de Kervoac était natif de Huelgoat. C’est vraisemblablement grâce à Yves Tanguy que Breton visite ces lieux : le plus breton des surréalistes a grandi à quelques kilomètres, à Plestin-les-Grèves, et possédait une maison dans les environs sur laquelle Breton écrira un poème « La Maison d’Yves Tanguy ».

Provenance : vente André Breton, 2003.

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