L’Église
Unique incursion de Céline dans le théâtre, L’Église rédigée en 1926 met déjà en scène le docteur Bardamu, futur héros du Voyage au bout de la nuit (1932). On y retrouve les grands motifs céliniens : l’Afrique coloniale, l’Amérique, Genève et sa Société des Nations, la banlieue parisienne.
Le texte eut une influence directe sur la génération suivante : Jean-Paul Sartre plaça en exergue de La Nausée (1938) la réplique de Yudenzsweck à propos de Bardamu : « C’est un garçon sans importance collective, c’est tout juste un individu. » De même, dans la bouche de ce directeur du « Service des compromis » à Genève se lit un portrait ironique et saisissant de Bardamu, opposant l’individu au collectif : « Il m’intéressait assez jusqu’au moment où j’ai compris ça. Alors, j’ai cessé de l’écouter, par discipline. C’est du poison qu’ils parlent, les individus. » Une formule qui condense la posture existentialiste avant la lettre.
Bel exemplaire, bien établi par Goy & Vilaine.


