Le Théâtre et son double
Envoi à son ami Jacques Bonnefoy, procureur de la République,
« L’Art n’est pas l’imitation de la vie, mais la vie est l’imitation d’un principe transcendant avec lequel l’Art nous remet en communication ». Publié en 1938, Le Théâtre et son double se pose en continuateur de cette quête de l’art pur. Dans une lettre qu’il adresse à Paulhan en janvier 36, Artaud explique le choix de ce titre par l’assertion suivante : « si le théâtre double la vie, la vie double le vrai théâtre ».
De son expérience de metteur en scène, toujours Artaud s’était-il efforcé de désorienter le spectateur pour le forcer à se confronter à son « moi » intérieur, primordial. C’est en janvier 1936 qu’Artaud soumit à Jean Paulhan ces textes destinés à composer un essai sur le théâtre où il développe notamment, en deux célèbres manifestes, son concept de « théâtre de la cruauté ». Ils furent regroupés pour une première parution en 1938, à seulement 400 exemplaires, avant cette deuxième édition, publiée moins d’un mois avant le débarquement allié de Normandie. Artaud, lui, avait gagné la zone libre grâce au dédicataire de l’exemplaire, Jacques Bonnefoy. Ce dernier, procureur de la République, lui avait permit de quitter Paris en lui procurant de faux papiers afin de ne pas être inquiété par l’occupant. Une importante correspondance entre les deux hommes s’établira ensuite, depuis Rodez.
Très bel exemplaire.
De la bibliothèque I.B. & G.L. (Binoche, 2007, n° 17) ;

