Envoi signé : « à ma tante, qui est mon amie, Jean Cocteau ».
C’est en 1909 que paraît le premier ouvrage de Jean Cocteau, La Lampe d’Aladin : dès cette période, il fréquente des artistes bohêmes et on le surnomme déjà « le prince frivole » dans ce milieu et c’est le titre qu’il retient pour son second recueil, à paraître l’année suivante.
Grâce à son oncle, Raymond Lecomte, Cocteau avait été introduit dans les salons mondains, où sa mère cotoyait Nadar ou Jacques-Émile Blanche. Ce diplomate, homosexuel, compta beaucoup pour le jeune homme, tout comme toute la branche maternelle, « Les Eugène », comme les surnomme Cocteau, qui témoignent de l’influence considérable qu’eurent son grand-père, sa mère [prénommés Eugène et Eugénie] et ses oncles et tantes sur son imaginaire, au point d’inspirer Le Potomak, paru en 1914. Des « Eugène », Cocteau avait deux oncles : Raymond, donc, et Maurice, qui est aussi son parrain. Ce dernier avait épousé en 1884 Marie Jacob : c’est chez sa tante que le jeune garçon trouvera refuge en mars 1898, quelques jours avant le suicide de son père, le 5 avril. Marie Lecomte s’occupera de son neveu plusieurs semaines durant lors de cette période difficile et les liens familiaux entre eux deux seront toujours présents.
On ne connaît que deux autres envois à cette tante, l’un sur Le Potomak, l’autre sur Thomas l’imposteur.
Bel exemplaire en reliure d’époque.




















