Le Poète assassiné

Paris, Bibliothèque des Curieux, 1916.
1 vol. (115 x 185 mm) de 316 p. et [1] f. Demi-maroquin havane à coins, dos à nerfs, titre doré, date en pied, tête dorée, couvertures et dos conservés (reliure signée de Vermorel).

#28877
400 

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Le Poète assassiné

Paris, Bibliothèque des Curieux, 1916.
Édition originale.

Jointe : enveloppe d'expédition adressée à Apollinaire (145 x 110 mm, cachet de la Poste « Paris, 28 janvier [19]16 », avec son nom souligné 2 fois en rouge et bleu, formant avec l'espace entre les traits le drapeau français : elle est adressée à « Guillaume de Kostrowitsky / S=Lieutenant au 96 regt d'infanterie / Secteur Postal 139 ».

L’enveloppe est imprimée à l’en-tête de « Hotel de Castille 37 rue Cambon à Paris » : à cette date, deux personnalités proches d’Apollinaire y résident : Natalia Gontcharova et Mikhaïl Larionov, pour qui le poète avait donné, en 1914, la préface pour le catalogue de l’ouverture de la galerie Paul Guillaume, qui présentait les oeuvres des deux artistes. En mars, il écrit à leur sujet à Max Jacob : « MM. GONTCHAROVALARIONOF [sic] sont je crois toujours hôtel de Castille, rue Cambon, je leur ai envoyé un poème qu’ils voulaient publier à Paris […] mais je crains qu’ils le publient en Russie sans le publier ici […] si tu avais du temps tu irais le copier et me ferais plaisir » (lettre à Max Jacob, 14 mars 1916, collection R.B.L., 22 mai 2019, n° 9).

Sous-lieutenant d’infanterie depuis le 18 novembre 1915, Apollinaire regagne Paris début janvier, après sa rupture avec Louise de Coligny-Châtillon, à qui il écrit pour la dernière fois le 18 janvier 1916. Son régiment entre en repos en janvier et Apollinaire a alors quelque loisir pour écrire et terminer les nouvelles d’un futur recueil de nouvelles, le deuxième après L’Hérésiarque et Cie (publié en 1910). Ce sera un ensemble de textes écrits entre 1900 et 1913, mais qu’il est en train, comme l’attestent les manuscrits, de considérablement remanier.

Il retire cinq contes et en ajoute un dernier, le « Cas du brigadier masqué c’est-à-dire le poète ressuscité ». Début février, il peut écrire à son éditeur P.-V. Stock qu’il a « l »intention de faire paraître un volume de nouvelles si je trouve un éditeur. Je l’intitulerai le poète assassiné […] », et pour lequel il souhaite contacter les frères Briffaut, fondateurs de la maison d’édition Bibliothèque des Curieux. Apollinaire leur confiera l’édition de son recueil, en octobre. Il repart sur le front début mars, après une ultime permission à Oran chez Madelaine Pagès, avant de monter en ligne avec son unité à quelques kilomètres de Berry-au-Bac. Blessé le 17 mars par un éclat d’obus qui l’atteint à la tempe droite, il est transféré à l’hôpital italien du Quai d’Orsay où il sera trépané le 9 mai. Le 17 juin Apollinaire sera décoré de la Croix de guerre.

Le recueil paraît en librairie en novembre, avec, en frontispice, un portrait du « sous-lieutenant Guillaume Apollinaire » par André Rouveyre, répondant au dessin de couverture de Leonetto Cappiello : une illustration en couleurs montrant un cavalier au front sanguinolent. Le 9 novembre 1918, presque deux ans jours pour jours après la parution de ce livre, le poète mourrait de la grippe espagnole dans Paris presque libéré.

Bon exemplaire, sans rousseurs.

Reliure modeste ; couverture légèrement rognée en marge.

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