Le Peuple de la mer
Un des 40 exemplaires sur vergé de Hollande, paraphé et justifié par l'éditeur (n° 35), après 10 sur japon.
Journaliste et romancier nantais, Marc Elder – pseudonyme de Marcel Tendron – consacra son roman au monde des pêcheurs bretons de la côte de Loire-Atlantique. Par une écriture nourrie d’observation directe, il dépeint la rudesse du labeur maritime, la solidarité des équipages et la dure condition des familles de marins, tout en restituant un pittoresque régional puissant.
Le prix Gonocurt couronna une oeuvre de terroir maritime, qui rejoignait la veine sociale et provinciale déjà distinguée par le jury dans les années précédentes. La reconnaissance du Goncourt fit de ce livre le témoignage le plus connu de Marc Elder, par ailleurs critique d’art reconnu (il sera proche de Claude Monet et écrira sur Rodin).
Le choix du jury fit date : Le Peuple de la mer l’emporta face à Du côté de chez Swann de Marcel Proust, paru quelques semaines plus tôt chez Grasset. Cette décision, aujourd’hui fameuse, montre combien le prix privilégiait alors le réalisme régional et social à l’expérimentation littéraire. Autre raison : Grasset venait de faire, en 1911 et 1912, un doublé déjà retentissant pour un si jeune éditeur. Proust devra attendre 1919 et À l’ombre des jeunes filles en fleurs pour obtenir la consécration du Goncourt.
Bel exemplaire – des bibliothèques Goncourt d’Hubert Person (ex-libris) et Gérard Pouguet (ex-libris).

