Daté à la fin : « Tientsin, novembre 1926-mars 1927 ».
Le Milieu divin est le premier grand livre spirituel que Teilhard de Chardin ait conçu en vue d’une publication. Rédigé pendant son second séjour en Chine, il expose l’une des intuitions fondamentales de sa pensée : la vie chrétienne ne commande pas de se détourner du monde, mais de reconnaître Dieu à l’oeuvre au coeur même de la matière, de l’action humaine et de l’évolution de l’univers.
Teilhard s’adresse en particulier à ceux que leur attachement au progrès semblent éloigner des formes traditionnelles de la spiritualité. Le travail, la connaissance, la création et l’effort collectif ne sont pas des distractions profanes qu’il faudrait abandonner pour atteindre Dieu : ils peuvent devenir les instruments d’une sanctification du monde.
Cette réflexion est inséparable de son expérience scientifique. Lors de son premier voyage en Chine, en 1923, Teilhard avait exploré le désert des Ordos avec le père Émile Licent. Revenu à Tientsin en 1926, il partage son temps entre les recherches géologiques et paléontologiques et l’élaboration d’une vision qu’il espère publier. Ses supérieurs jésuites refusèrent cependant de lui en accorder l’autorisation, comme ils s’opposeront ensuite à la publication de la plupart de ses grands textes philosophiques et spirituels. Le Milieu divin circula dès lors de manière privée, sous forme de copies dactylographiées ou multigraphiées, transmises à des amis, à des religieux et à quelques lecteurs choisis. Ces versions multigraphiées existent sous quatre forme, de 65 à 152 p. selon le format, à quelques dizaines d’exemplaires.
Ils constituent la seule diffusion contemporaine du texte, longtemps avant son édition imprimée, publiée à titre posthume par les Éditions du Seuil en 1957.


