Le Maître de Santiago
« Ce chef-d’oeuvre étrange, écouté dans le plus profond silence par un public qui a oublié d’applaudir au baisser du rideau, pendant plusieurs secondes, d’étonnement. J’ai été moi-même abasourdi. Entendu dire beaucoup de sottises sur Montherlant et, en particulier, sur cette pièce. Que leur faut-il donc ? Je ne comprends pas qu’ils ne sachent pas au moins garder le silence devant une oeuvre d’une telle beauté, beauté irritante peut-être, exaspérante même, parce que l’auteur avec tout son génie, touche à des choses très graves avec une sorte d’insolence qui fait peur. » (Julien Green, Journal, t.V, 1951). Toute la pièce repose sur la tentative de convaincre Alvaro, le « maître de Santiago », d’aller aux Indes pour y faire fortune et rendre ainsi possible l’alliance entre sa fille, Mariana, et Jacinto, le fils de Don Bernal. Toutefois, Alvaro n’éprouve aucun désir d’aller dans le Nouveau Monde : il n’aspire au contraire qu’à vivre retiré du monde.
« Seul est essentiel, ou plutôt seul est réel ce qui se passe à l’intérieur de l’âme », clame-t-il dans cette « tragédie sans issue ».
Le Maître de Santiago a été joué pour la première fois le 26 janvier 1948 à Paris au théâtre Hébertot avec un très grand succès. La pièce fut ensuite reprise du 9 au 14 avril 1948 à Bruxelles au Théâtre royal du Parc, dans une mise en scène de Paul Oettly.
Une très grande pièce de Montherlant, sublimée ici dans une délicate et parlante reliure de Marguerite Fray, strictement d’époque.
Exemplaire de choix.


