Envoi signé : « À Monsieur Fernand Divoire, sympathique hommage, Marcel Proust ».
Exemplaire enrichi d’un rare envoi à Fernand Divoire, journaliste, critique et poète, qui participa activement à la vie littéraire du temps (dans Comoedia, Le Figaro ou Le Gaulois,) et dont la bienveillance à l’égard de Proust fut constante.
Divoire tint notamment la rubrique de critique dans L’Intransigeant où Proust venait tout juste, en août 1920, de répondre à l’enquête qu’il préparait : « Êtes-vous partisan ou non des cabinets de lecture ? […] Et, si vous estimez qu’ils causent du tort aux jeunes auteurs, quel remède jugez-vous opportun ? » La réponse de Proust le montre attentif à la diffusion de son oeuvre : « Les personnes qui ont peu d’argent et celles qui en ont beaucoup sont empêchées d’acheter des livres, les premières par la pauvreté, les autres par l’avarice. Le cabinet de lecture répond à leur passion commune qui est d’emprunter les livres, mais il lui impose une obligation inusitée qui est celle de les rendre ».
Dans Guermantes I, premier volume de À la recherche du temps perdu publié depuis le prix Goncourt d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Proust se rapproche du cercle social des Guermantes et des salons de la haute société, fasciné par la duchesse de Guermantes, qui représente pour lui l’incarnation, la quintessence même du faubourg Saint-Germain, un monde d’où il se sent, tout proche qu’il en est, exclu et dans lequel il désespère de jamais pouvoir pénétrer. Il lui faudra un an pour passer de l’état de voisin à l’état d’invité. Il y découvrira ses complexités, ses hypocrisies et ses intrigues, dont les premières bribes apparaissent dès 1909, dans des pages qui seront retranchées de Jean Santeuil.
La parution du volume est attendue, et Proust ne ménage si ses efforts, ni sa plume, pour faire parvenir des exemplaires à ses proches, tout au long de cette fin d’année 1920, le plus souvent sur des exemplaires portant mentions d’éditions, comme ici – mais l’exemplaire Divoire est bien sur un exemplaire à la bonne date d’août, ce que peu d’entre eux possèdent. On connaît à ce jour les exemplaires suivants :
Jean Ajalbert, Roger Allard, Gabriel Astruc, Jacques-Émile Blanche, Florence Blumenthal, Jacques Boulenger, Paul Brach, Louis Brun, Henry Céard, Jean Cocteau, Colette, Benjamin Crémieux, Jacques Derval, Léon Daudet, Lucien Daudet, Lucien Descaves, Pierre Drieu la Rochelle, Robert de Flers, Gaston Gallimard, Henri Gans, Jean Giraudoux, Armand le Duc de Guiche, Reynaldo Hahn, Lionel Hauser, Abel Hermant, Madame Lemarié, Hugues Le Roux, André Lhote, Comte et Comtesse de Maugny, Comtesse Adhéaume de Chevigné, François Mauriac, Francis de Miomandre, John Middleton Murry, Madame de Noailles, Charles Régismanset, Marie de Régnier [Gérard d’Houville], Jacques Rivière, Henri Rochat, André Salmon, Jean Schlumberger, Paul Souday, Madame Straus, Gustave Tronche, Paul Valéry, Jean Valmy-Baisse, Monsieur Fernand Vandérem, Jean-Louis Vaudoyer, Maurice Vernes, Camille Vettard, Sydney Schiff, René Boylesve, Robert de Montesquiou, Jean Béraud, Paul Morand, Natalie Clifford Barney, Gaston Rageot, Madeleine Lemaire et Émile Henriot.
Bon exemplaire, cité alors comme « envoi inédit » dans le Bulletin d’informations proustiennes (n° 51, 2021, p. 170).
Mention de 3e édition.











