Le Chien de coeur
Un des [15] exemplaires H.C. sur vélin vert (exemplaire H, premier d'entre eux).
En mai 1968, à l’écart des événements qui secouent la France, René Char fait une crise cardiaque : de cette « expérience », il tire les poèmes du Chien de coeur, qu’il publie un an plus tard, évoquant le soir qui faillit l’emporter dans le texte liminaire qui ouvre le recueil : « Dans la nuit du 3 au 4 mai 1968, la foudre que j’avais si souvent regardée avec envie dans le ciel éclata dans ma tête, m’offrant sur un fond de ténèbres propres à moi le visage aérien de l’éclair emprunté à l’orage le plus matériel qui fut. Je crus que la mort venait, mais une mort où, comblé par une compréhension sans exemple, j’aurais encore un pas à faire avant de m’endormir, d’être rendu éparpillé à l’univers pour toujours. Le chien de coeur n’avait pas geint. » Tous les poèmes furent composés entre juin et août 1968, à l’exception d’« Outrages ».
Pour l’illustrer, il fait appel à Joan Miró, qui lui compose un frontispice : une centaine de lithographies originales sont imprimées, toutes signées, pour accompagner les exemplaires du tirage de tête, constitué de 95 imprimés sur vélin d’Arches. Il a été tiré en outre [21] exemplaires hors commerce sur divers papiers, dont 5 sur Arches et 1 sur vélin gris (celui de Char) avec la lithographie et, sans celle-ci, 2 exemplaires sur vergé chiffon rose, 5 sur vélin gris et 15 sur vélin vert.
Les 5 Arches sont justifiés de A à E, les vergés roses F et G, les vélins vert de H à O (les roses et vert sous couverture bleue) et les vélins gris de I à VI – celui de Char, le seul avec la lithographie, étant le premier d’entre eux.
790 exemplaires sur offset Roberstsau seront également imprimés, pour lesquels le frontispice de Miró n’est que reproduit au trait.
Coron, 510.


