Le Chien de coeur

Paris, G.L.M., (janvier) 1969.
1 vol. de (140 x 190 mm) de 25 p., [2] et 1 f. Maroquin taupe, titre doré en long, couvertures et dos conservés, étui bordé (reliure signée de Leroux, 1976).
Édition originale.

Un des [6] premiers exemplaires sur vélin gris (n° vi).

En mai 1968, à l’écart des événements qui secouent la France, René Char fait une crise cardiaque : de cette « expérience », il tire les poèmes du Chien de coeur, qu’il publie un an plus tard, évoquant le soir qui faillit l’emporter dans le texte liminaire qui ouvre le recueil : « Dans la nuit du 3 au 4 mai 1968, la foudre que j’avais si souvent regardée avec envie dans le ciel éclata dans ma tête, m’offrant sur un fond de ténèbres propres à moi le visage aérien de l’éclair emprunté à l’orage le plus matériel qui fut. Je crus que la mort venait, mais une mort où, comblé par une compréhension sans exemple, j’aurais encore un pas à faire avant de m’endormir, d’être rendu éparpillé à l’univers pour toujours. Le chien de coeur n’avait pas geint. » Tous les poèmes furent composés entre juin et août 1968, à l’exception d’« Outrages », composé par bribes entre 1944 et 1967 ; ils dénoncent les distorsions de la société moderne et l’écart grandissant entre l’homme et la nature.

Pour l’illustrer, il fait appel à Joan Miró, qui lui compose un frontispice. Une centaine de lithographies originales sont imprimées, toutes signées, pour accompagner les exemplaires du tirage de tête : 95 + 5 sur vélin d’Arches, et six exemplaires sur vélin gris. Le tirage comprend également des exemplaires hors commerce sur vergé chiffon rose et sur vélin vert, mais qui ne possèdent pas la lithographie (sauf le premier des rose, dans laquelle elle a été ajoutée).

790 exemplaires sur offset Roberstsau seront également imprimés, pour lesquels le frontispice de Miró est reproduit au trait.

Précieux exemplaire : celui de René Char, qu’il l’avait fait relier par Leroux.

#27506
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