Un des 120 premiers exemplaires sur « papier spécial » (n° 90), signé par l'auteur.
Lorsqu’il commence à rédiger ce qui constituera une somme de quelque trois cents articles, Bernanos est au Brésil. Il est installé depuis août 1940 dans une petite maison au flanc d’une colline dénommée « Cruz das almas » (Croix-des-âmes). Il y recevra, peu avant sa fin tragique, Stefan Zweig.
C’est dans des journaux brésiliens ou pour la BBC Bernnaos dénonce d’abord les responsabilités de la France de Vichy dans la défaite française, vilipendant la collaboration et soutenant la Résistance et de Gaulle. Ses articles sont repris en volume, sur place, publiés par Charles Ofaire [en réalité Höfer], un exilé suisse mi-aventurier, mi-homme de lettres, alors patron des éditions Atlantica Editora.
Son seul texte proche du roman policier, Monsieur Ouine y sera d’abord publié, puis viendront les quatre volumes qui forment ce Chemin de la Croix-des-âmes dont nous proposons ici le tome II qui recouvre les articles de l’année 1940.
Quelques mois avant l’appel du 18 juin, dans Les Enfants humiliés, il prophétisait : « Mon pays est soigneusement tenu dans l’ignorance de ce qu’il défend, de ce qu’il risque de perdre, de ce qu’il est presque sûr de perdre si quelque miracle ne suscite pas au dernier moment un homme qui parle enfin à son coeur, à ses entrailles. » En 1944, à la Libération, Bernanos regagne la France ; Charles de Gaulle, à sa demande, le rencontrera à deux reprises : d’abord pour lui remettre une légion d’honneur, puis pour lui proposer un poste de ministre. Bernanos refusera et l’une et l’autre.
Quelques rousseurs au feuillet de justification, comme souvent.










