Le Bleu du ciel
« Je le crois : seule l’épreuve suffocante, impossible, donne à l’auteur le moyen d’atteindre la vision lointaine attendue par un lecteur las des proches limites imposées par les conventions. »
La littérature de Bataille ose l’indicible, l’infâme, l’insupportable, l’obscène, bref l’impossible dans une société civilisée. Dans l’une de ses dédicaces l’auteur écrira justement de ce livre qu’il « répond à la tentation de l’impossible. » Enfin, lorsque l’on sait que le bleu du ciel a été écrit en 1935, on ne peut qu’être interloqué par l’aspect prémonitoire de certains passages. Décrivant une parade de Hitlerjugend, Bataille termine ainsi : « Je les voyais, non loin de moi, envoûtés par le désir d’aller à la mort. Hallucinés par des champs illimités où, un jour ils s’avanceraient, riant au soleil : ils laisseraient derrière eux les agonisants et les morts. »
Très bel exemplaire.


