L’Armée dans la ville

Paris, Mercure de France, (30 mai) 1911.
1 vol. (130 x 200 mm) de 217 p., [1] et 1 f. Broché, à toutes marges.
Édition originale.

Un des 10 [non annoncés] premiers exemplaires sur hollande, seul papier (n° 5).

Envoi signé : « à René Arcos, Jules Romains ».

Rousseurs sur les témoins.

Jules Romains n’est plus guère lu aujourd’hui comme il le fut, alors même qu’il compta parmi les écrivains français les plus considérables de son temps : dramaturge triomphant de l’entre-deux-guerres, futur académicien couvert d’honneurs et de distinctions, il occupa longtemps une place éminente dans la vie littéraire française. De cette gloire immense, ce sont sans doute ses pièces qui ont le mieux résisté, Knock au premier chef. Mais avant cette fortune théâtrale, il y eut les années de jeunesse, celles d’une invention encore tâtonnante, énergique, ambitieuse, où Romains cherche30840
à donner une forme littéraire à sa doctrine de l’« unanimisme », partagée avec Georges Duhamel.

Précoce, il publie dès 1906 Le Bourg régénéré, sous-titré Conte de la vie unanime, où il tente d’y faire sentir la vie collective des groupes humains plutôt que la psychologie isolée des individus, une idée qui irrigue aussi ses débuts au théâtre. L’année 1911 est à cet égard décisive : elle voit paraître Mort de quelqu’un, un « récit génialement banal et d’une humanité qui ne peut périr » pour reprendre les termes du critique René Arcos – le roman fut d’ailleurs hautement salué par Stefan Zweig, entre autres réactions – puis sa première pièce, donnée à l’Odéon : L’Armée dans la ville.

Et c’est donc naturellement qu’il offre au même René Arcos
, quelques mois après sa critique élogieuse, cet exemplaire de tête sur ce que constitue alors sa première manifestation d’une carrière dramaturgique appelée à prendre son essor.

La réception ne fut pourtant pas unanime. La NRF, notamment, attaqua durement la pièce après sa représentation, raillant l’« Appel à la jeunesse » publié par Romains à cette occasion et contestant à l’oeuvre tout à la fois sa prétention classique, nationale et novatrice. Ce qui n’empêchera pas Gaston Gallimard de faire signer Jules Romains chez lui : toutes ses pièces futures y seront publiées.

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