L’action de la justice est éteinte
Le prière d’insérer a été contrecollé en tête de l’exemplaire masquant le nom du dédicataire : Louis Papelon.
Au même, René Char avait dédicacé un exemplaire de la seconde édition d’Arsenal grâce auquel l’on apprend sa fin tragique. Le poète, récupérant l’exemplaire et l’offrant à Marcelle Mathieu en octobre 1944, y avait inscrit : « Exemplaire de Louis Papelon, ami de l’auteur, assassiné par la milice en 1943 ».
C’est donc à un proche de l’Isle-sur-Sorgue que Char avait offert son quatrième recueil, composé de douze poèmes et dédié à André Breton, qui doit son titre à une phrase incomplète extraite du texte de René Char, À Rimbaud (« L’action de la justice est éteinte là où brûle, où se tient la poésie, où s’est réchauffé quelques soirs le poète »). René Papelon figure, en compagnie de René Char, sur la liste dressée en avril 1943 par la milice de Vichy pour les « indésirables » régionaux. Char y était cité comme ‘homme de lettres’, son ami, maraîcher, « sans profession ».


