La Première Tentation de Saint-Antoine

Paris, Charpentier, 1908.
1 vol. (150 x 195 mm) de 1 f., [2] f., xxxvii (préface) et 303 p. Broché, à toutes grandes marges.
Édition originale posthume.

Un des 40 exemplaires sur vergé de Hollande (n° 21).

L’ouvrage, publié par Louis Bertrand, donne la version de 1856 de La Tentation de Saint-Antoine, accompagnée de fragments appartenant au manuscrit de 1849, d’une notice sur les manuscrits et d’un appareil critique.

L’histoire de cette oeuvre traverse toute la vie littéraire de Flaubert : la première rencontre remonte à 1845 lorsque, de son voyage en Italie, dans la galerie du palais Balbi-Senarega, à Gênes, il découvre une Tentation de Saint Antoine attribuée à Breughel. Le tableau le frappe durablement et il explique qu’il n’avait cessé depuis « d’y songer ».

Il rédige alors une première grande version entre 1848 et 1849. Il la lit ensuite à Louis Bouilhet et Maxime Du Camp, qui l’accueillent par un verdict resté célèbre : il faut « jeter cela au feu et n’en jamais reparler ». Le coup est rude, et Flaubert abandonne provisoirement son livre, puis s’engage dans l’écriture de Madame Bovary. Après son achèvement, il reprend Saint-Antoine en 1856 ; des fragments paraissent dans L’Artiste en décembre 1856, puis en janvier et février 1857, au moment même où l’affaire de Madame Bovary le place sous la menace judiciaire. L’écrivain, inquiet de raviver la censure, renonce une nouvelle fois à la publication, pour ne la reprendre que quinze ans plus tard, profondément remaniée dans sa forme comme dans son esprit.

La Tentation, première ébauche, est finalement publiée en 1874, et est reçue avec incompréhension : à George Sand, le 1er mai 1874, il se plaint des attaques accumulées contre le livre, et surtout de la haine personnelle qu’il croit percevoir derrière certaines critiques. Cette édition définitive de 1908, complétée de tous les fragments princeps et inédits, restitue un Saint-Antoine antérieur au grand remaniement de 1874 et constitue une oeuvre plus ample et plus lyrique.

Dos restauré, sinon bon exemplaire à toutes marges.

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