Un des 300 exemplaires sur vergé d'Arches.
Montée en tête : lettre autographe signée adressée à R. L. Doyon
Le 13 juin 1905, Gide note dans son Journal « Chaque jour j’ai pu avancer de quelques lignes ma Porte étroite. Cette assiduité au travail m’est préférable aujourd’hui à la plus belle inspiration du monde », même si il se plaindra de la lenteur avec laquelle il progresse dans l’écriture de ce texte « Je passe des heures sur un groupe de phrases que je bouleverserai le lendemain. La scène, dans la chambre de Geneviève […] m’a donné un mal extrême. Mais j’admire à présent tout ce que je suis arrivé à n’y pas dire, à réserver. »
Bel exemplaire en reliure du temps signée de Jules-Karl Van West : ce relieur d’origine belge s’installa en 1925 à Saint-Brice-la-forêt, où il fait construire son atelier de reliure. Son épouse Jeanne participait au travail de l’atelier en se chargeant de la marbrure pour la confection de ses demi-reliures de qualité qui seront recherchées par les bibliophiles parisiens des années 20 et 30.
En mars 1934, sa célébrité dépassera les frontières grâce à la vente de la bibliothèque Pierre Marteau (Drouot, mars 1934, Georges Andrieux expert), qui présentait un nombre très important de ses reliures. Il en acquit une encore plus grande renommée et se voit offrir par la reine Élisabeth de Belgique le poste de maître-relieur de l’École Supérieure des Arts Décoratifs de Bruxelles, et regagne la Belgique en décembre 1939. Après guerre, il devient professeur de reliure à La Cambre, formant entre autres August Kulche. Van West fut l’un des meilleurs praticiens de son temps, maîtrisant à la fois la reliure, la dorure et la dorure sur tranche, trois disciplines qu’il est rarissime de voir réunies dans les mêmes mains. Il sera également le relieur attitré du château de Beloeil, appartenant aux princes de Ligne, avant d’en être le conservateur ; il publiera, en 1950, ses Mémoires d’un relieur.
Elle fût vraisemblablement commandée par celui y apposa son ex-libris : René-Louis Doyon. Libraire, éditeur et écrivain, il débute en 1913 chez Figuière : ses souvenirs de cette maison, de son directeur et du directeur littéraire Alexandre Mercereau, comptent parmi les pages les plus savoureuses qu’il ait laissées sur la vie éditoriale d’avant-guerre. En 1917, il ouvre sa propre librairie qui devient, l’année suivante, une maison d’édition où il y pratique une bibliophilie vivante faites de petits tirages imprimés avec soins, tous à l’enseigne de La Connaissance ; il fait figurer en tête de ses éditions une marque où figure sa devise « On se lasse de tout excepté de connaître ». On lui doit aussi des biographies attentives d’Isabelle Eberhardt, de Joséphin Péladan et de Jehan Rictus. En dépit de la qualité de son travail, son entreprise déclina à partir de 1933. Doyon entre alors chez Denoël qui rachète le fonds de sa maison en 1937
De la bibliothèque de R. L. Doyon (ex-libris) et envoi.
Naville, 46, XXVIII.















