Un des 100 exemplaires grand in-8 sur vélin.
Envoi signé : « à Poulet-Malassis, Edmond de Goncourt ».
1857. Les Hommes de lettre, la dernière création théâtrale des frères Goncourt, est refusée au Gymnase, puis au Vaudeville. Échaudés, les Goncourt renoncent provisoirement à écrire pour le théâtre. Mais ils ont des projets ; le 27 décembre 1860, ils évoquent leur future «pièce de la Révolution», qui sera Blanche de la Rochedragon (renommée La Patrie en danger), finalement achevée le 11 octobre 1867. Le 26 décembre, ils proposent la pièce à Thierry, au Théâtre-Français. Ils sont reçus à correction, c’est-à-dire refusés par le comité de lecture, le 7 mars 1868.
Mais les Goncourt sont tenaces : Mademoiselle de la Rochedragon paraîtra enfin 1873, chez Dentu ; la pièce prend alors son titre définitif de La Patrie en danger : une marquise de la Rochedragon avait protesté lorsque les journaux signalèrent la pièce ! « La relecture (…) de la Patrie en Danger m’a donné un désir intense de voir ces oeuvres sur la scène. Je suis convaincu qu’elles auraient aujourd’hui un succès retentissant l’une et l’autre ; et que ce succès tiendrait autant à la littérature qu’à l’intérêt très grand de l’action. » (Guy de Maupassant, 18 juillet 1879). Il lui faudra néanmoins attendre près de dix ans pour voir le voeux se réaliser : ce n’est que le 16 janvier 1889 que Léon Hennique et André Antoine lisent La Patrie en danger au siège social du Théâtre-Libre d’Antoine, 96 rue Blanche, où avaient lieu les répétitions depuis le 1er novembre 1887.
La première représentation sera jouée le 19 mars par le Théâtre-Libre. Dans la préface de l’édition collective de 1879, celle à laquelle Maupassant fait référence, Edmond de Goncourt déclare que le nouveau drame et La Patrie en danger forment le résultat d’une nouvelle optique théâtrale, selon laquelle la technique des « grosses ficelles », des « coups de théâtre » ou des « rebondissements » de l’action, a été tout à fait abandonnée au nom d’une « documentation historique » qui avait le mérite, selon l’auteur, de ne pas avoir encore été tentée au théâtre.
L’exemplaire Poulet-Malassis ne figure pas dans Les Goncourt dédicateurs, 650 ex-dono de Christian Galantaris.
Bon exemplaire malgré des rousseurs.










