La Mort de près

Paris, Plon, (1er septembre) 1972.

1 vol. (145 x 215 mm) de 154 p. et [2] f. En feuilles, sous emboîtage rouge de l'éditeur.

#31717
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La Mort de près

Paris, Plon, (1er septembre) 1972.

Édition originale.

Un des 50 premiers exemplaire de luxe (n° 1).

Au soir de sa vie, Maurice Genevoix, devenu l’écrivain régionaliste et respecté, secrétaire perpétuel de l’Académie française, éprouva le besoin de revenir à la mort qu’il avait croisée, si loin, si proche, à trois reprises, dans la Meuse, entre août 1914 et avril 1915.

Pendant l’été 1971, alors que le troisième volume de son Bestiaire allait paraître, Genevoix rédigea en quelques semaines un petit livre : La mort de près. Ce texte, méconnu mais capital, se lit comme un écho resserré aux récits de Ceux de 14, avec l’émotion sobre et la précision sensorielle caractéristiques du style de Genevoix. Joseph Kessel lui écrira : « J’ai été très bouleversé. Le témoin, le professionnel, l’ami, tous ces personnages en moi te couvrent de louanges et te disent merci » (lettre à Genevoix, 29 juillet 1972, n° 123 de l’exposition à la BHVP, 1991).

La mort a frôlé Genevoix aux Éparges, une colline de la Meuse disputée aux Allemands. Plusieurs fois : d’abord en septembre 1914, lorsqu’un éclat d’obus reçu dans le ventre l’avait renversé. Il avait vu ses hommes continuer la charge, pendant qu’on le tirait à l’abri sous un hêtre ; envahi par l’image d’un camarade croisé juste avant qui portait ses entrailles avant de s’effrondrer, il palpa son ventre : il est indemne. Le projectile avait rebondi contre un bouton d’acier et la boucle de son ceinturon. Même scénario trois mois plus tard, quand un obus a explosé à quelques mètres, réduisant en charpie les deux soldats à ses côtés : « J’étais encore indemne. Il ne fallut que quelques instants pour que le monde se reconstituât, dans sa hideur et sa barbarie. ». Ce fut enfin la troisième fois, décisive, le 25 avril 1915 – dernier jour du récit de Sous Verdun. Trois balles, tirées par le même soldat allemand ; deux déchirèrent son bras gauche, l’une traversa un poumon. « Pas un instant, sauf dans l’hébétude du choc […] je n’avais perdu conscience. […] Je souffrais beaucoup. La sensation du danger fondait sur moi, m’envahissait, s’exacerbait ». Les brancardiers le déplace en arrière de la ligne de feu, malgré les obus qui, tout autour d’eux, brisent les hêtres des Hauts de Meuse. Il faudra onze heures d’un voyage pénible pour arriver à un hôpital à Verdun. I y restera pendant sept mois, et sera déclaré invalide à 80 % ayant définitivement perdu l’usage de sa main gauche.

De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.

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