Paris, Gallimard, (4 juin) 1957.
1 vol. (145 x 210 mm) de 313 p. et [1] f. Broché, non coupé.
Édition originale.

Un des 80 exemplaires sur vélin pur fil, celui-ci parmi les 5 hors commerce (H).

Avec La Loi, Roger Vailland (1907-1965) transpose son regard acéré sur les rapports de domination dans une petite ville du sud de l’Italie. À travers la description des rivalités, des luttes de clans, des stratégies d’alliances ou de séduction, le roman devient une parabole sur les mécanismes du pouvoir et sur les hiérarchies sociales. Le jury Goncourt l’attribua à La Loi au second tour par six voix contre quatre à La Modification de Michel Butor, saluant ainsi un roman réaliste et politique face à l’avant-garde du Nouveau Roman.

Normalien, licencié de philosophie, compagnon du surréalisme et cofondateur de la revue Le Grand Jeu, Vailland avait déjà marqué l’après-guerre avec Drôle de jeu (prix Interallié 1945), roman né de son expérience de résistant spécialisé dans le sabotage. Figure d’intellectuel engagé, il traversa les contradictions de son temps : communiste fervent, il fut bouleversé par la révélation des crimes de Staline au rapport Khrouchtchev en 1956. Dans son journal, il note alors : « J’ai pleuré le jour de la mort de Staline. Et j’ai de nouveau pleuré sur le chemin de Moscou […] quand j’ai dû le tuer une seconde fois, après avoir lu le récit de ses crimes. »

Vailland demeure une figure complexe, surveillée de près par les Renseignements généraux – « alcoolique et intoxiqué par l’usage des stupéfiants », écrivait un rapport en 1952 – mais célébrée par la critique comme l’un des observateurs les plus lucides des passions politiques et sociales de son époque.

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