La Guerre des boutons

Paris, Mercure de France, (10 septembre) 1912.
1 vol. (120 x 185 mm) de 366 p., [1] et [4] f. de catalogue. Broché.
Édition originale. Premier tirage, avec le catalogue en fin. Il n'a été tiré que 17 exemplaires en grand papier, sur hollande.Envoi signé : « à J.-H. Rosny jeune, respectueux et sincère hommage, Louis Pergaud ».

« Cy n’entrez pas, hypocrites, bigotz » : l’apostrophe de Rabelais que place Pergaud en exergue donne le ton du propos, et le romancier revendique d’avoir fait un « livre sain », à la fois « gaulois, épique et rabelaisien où coulât la sève de la vie » ; un livre de souvenirs d’enfance, qui retrace les faits d’armes de deux bandes de galopins, l’une menée par le grand Braque, de Longeverne ; l’autre, dirigée par l’Aztec des Gués, de Velrans. Le butin de guerre des deux armées rivales, fait de boutons de culotte et de lacets de souliers, sera disputé sans cesse, férocement. Là où le roman publié en 1912 situait les beugnées forestières dans les années 1890, Yves Robert, pour son adaptation au cinéma de 1962, en donnera une narration contemporaine à l’heure de la « fin des paysans », imaginant que Lebrac s’enfuit et vit quelque temps dans les bois, poursuivi par les honnêtes gens qui lui font la chasse. Caché dans un chêne que les bûcherons abattent, il tombera en criant : « Vive la liberté ! ». Placé en maison de correction, il retrouve L’Aztec et fait la paix. La « république des enfants » pressentait la fin de l’état de grâce : « Dire que, quand nous serons grands, nous serons peut-être aussi bêtes qu’eux. »

Bon exemplaire de bonne provenance : le plus jeune des frères Boex (Rosny jeune et Rosny l’aîné) était également membre de l’Académie Goncourt, dont il prendra la présidence entre 1940 et 1945, à la suite de son frère, qui occupait cette fonction depuis 1926. L’un et l’autre avaient couronné Pergaud pour De Goupil à Margot en 1910.

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