La Grotte

Paris, La Table ronde, (22 novembre) 1961.
1 vol. (120 x 190 mm) de 177 p., [1] et 2 f. Broché, non coupé.
Edition originale.Envoi signé : « Pour Marcel [Achard] les hublots qui a trouvé le moyen au bout de 120 ans de vie parisienne de garder un cœur frais et un sens de l'amitié pour un fantôme, affectueusement, Jean Anouilh ».

Les « 120 vies… » de Marcel Achard écrit Anouilh ! En effet, carrière mondaine commencée tôt, premier succès en décembre 1923 avec Voulez-vous jouer avec moâ dans laquelle il tient le premier rôle (Charles Dullin metteur en scène) au théâtre de l’Atelier jusqu’à sa dernière pièce, La Débauche (janvier 1973) au Théâtre de l’OEuvre, et en janvier 1974, imitant ses confrères Jean Anouilh, Marcel Aymé et René de Obaldia, Achard s’essaie au Café-Théâtre et confie au Bec fin un de ses premiers textes, créé par Dullin en 1923 Celui qui vivait sa mort.

Juliette Achard, sa compagne depuis ses débuts, résumera ainsi leur vie parisienne, celle de ce « Marcel les hublots » en référence à sa myopie sévère et à ses fameuses lunettes rondes, grand ami de Jean Anouilh, qui se surnommait lui-même « le fantôme » (expression que l’on retrouve dans cet envoi comme dans les lettres qu’il adressaient à son ami) – en effet loin et absent des sorties et autres manifestation publiques qu’Achard, pour rien au monde, ne voulait manquées :

« Nous ne nous couchions jamais avant 7 heures du matin. Ça commençait par le théâtre tous les soirs. Puis, deux ou trois soirs par semaine, nous dînions chez des amis, le plus souvent chez Henri Bernstein, le reste du temps on débarquait à minuit chez Maxim’s ou au Fouquet’s avant la tournées des boîtes russes et nègres, quatre ou cinq, avec Kessel et L.P.Fargue. Et en sortant, on prenait le petit déjeuner au Palais d’Orsay ».

Anouilh-Achard furent de la grande époque du théâtre de l’entre-deux guerre, travaillant avec les maîtres du « Cartel des quatre » qu’avaient créé en 1927 Louis Jouvet, Charles Dullin, Georges Pitoëff et Gaston Baty. Les deux auteurs se partagent alors les scènes du théâtre parisien avec Marcel Pagnol, Sacha Guitry, Edouard Bourdet, Fernand Crommelynck, Jules Romains ou encore Armand Salacrou.

Le roi du boulevard respectait – selon ses propres dires – deux règles en écrivant ses pièces : l’une prise à Feydeau : « Quand deux personnages ne doivent pas se rencontrer, je les mets en présence », l’autre à Tristan Bernard : « Le public aime à être surpris mais seulement par ce qu’il attend ».
Anouilh dans un autre genre et selon d’autres préceptes mais l’un et l’autre d’indéfectibles amis.

Adéquate provenance.

#27265
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