La France au coeur Chroniques de la servitude et de la libération

Alger, Charlot, 1944.
1 vol. (120 x 190 mm) de 153 p. et [1] f.
Édition originale de ce recueil de textes publiés dans des périodiques français, d’Algérie et de métropole, entre juin 1940 et juin 1943. Fouchet y évoque notamment « le visage d’un Paul Éluard, le pur visage de l’homme habité par la poésie, mais souffrant les maux de son peuple » (p. 35) à propos de leurs rencontres à Paris au printemps 1942, à l’origine de la publication de « Liberté » sous le titre « Une seule pensée » (cf. n° 8 et 12). Envoi « à M. le général de Gaulle, en souvenir de ce soir du 11 novembre 1943, où il me parla de Fontaine de telle façon que je me sentis récompensé de tous les combats qu’il avait fallu mener pour l’honneur de l’esprit français ».

Ce jour-là, le général de Gaulle est effectivement à Alger, un an après sa libération, pour les célébrations de l’armis¬tice de 1918, et y rencontre à cette occasion Max-Pol Fouchet, qui se souvient : « Je fus convié pour un dîner à la villa des Oliviers, sa résidence, le soir du 11 novembre 1943. […] Manque de chance ! […] j’arrivai en retard de plus d’une demi-heure. Le général m’accueillit avec des airs de juge. Confus, je bredouillai des excuses, m’expliquai. Le juge me toisa. Il y eut un silence, puis ces paroles tombèrent de haut : «Laissons cela, monsieur ; la revue Fontaine, m’a-t-on dit, a remplacé La Nouvelle Revue française, elle a défendu l’honneur. […]» » (Un jour, je m’en souviens…, p. 150-151). Peut-être est-ce en raison du souvenir de cet accueil glacial que Fouchet n’osa pas adresser cet exemplaire dédicacé au général et le conserva dans ses papiers.

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