La Dernière Harde
Un des 10 premiers exemplaires sur Hollande (n° 2).
Exemplaire de l'auteur avec son ex-libris manuscrit.
Publié en 1938, La Dernière harde s’inscrit dans la lignée de Raboliot (1925) et de Forêt voisine (1933), œuvres dans lesquelles Genevoix célèbre la Sologne et ses habitants – hommes et bêtes confondus. Car comme l’a montré Mireille Sacotte (La Dernière harde, éd. Garnier-Flammarion), « malgré l’hymne à la vie qui est au centre de l’œuvre, c’est toutefois bien la mort qui triomphe ». Pour celui qui a vu les massacres de 14-18, ce roman sonne comme un avertissement, annonçant le retour inévitable des tueries. La Deuxième guerre mondiale donnera raison à son funeste pressentiment, qui arrive moins d’un an après la parution du roman qui se rapproche ainsi des Falaises de marbre d’Ernst Jünger, roman-poème qui pressent lui aussi l’ombre du Mal.
À sa parution, l’ouvrage fut salué par la critique pour la puissance de ses descriptions et la densité de sa prose. La presse y vit un des sommets de la veine naturaliste et poétique de Genevoix, Le Mercure de France saluant « un livre d’une intensité poignante, où l’auteur de Raboliot fait parler la forêt avec une voix de tragédie antique ».
Maurice Genevoix en achève l’écriture le 16 février 1938. Quelques mois plus tard, le 9 novembre, il est frappé par la mort prématurée de son épouse, Yvonne Montrosier, qu’il avait épousée en 1937. Elle n’avait que trente ans et Genevoix ira alors combattre la solitude qui l’a envahi en effectuant une tournée de conférences à travers le canada : il quitte la France le 25 mars 1939 et, après deux mois passés dans l’est canadien, fait un grand voyage ferroviaire jusqu’à la côte opposée et Vancouver, qu’il ponctue par des arrêts dans les grandes villes où il s’adresse à un auditoire réuni par l’alliance française.
De ce long séjour, il rédigera cinq nouvelles, un roman et journal de route, qui seront publiés respectivement en 1942, 1944 et 1945, sous les titres Laframboise et Bellehumeur, Eva Charlebois et Canada. Ils seront rassemblés dans une édition collective en 1980, sous le joli titre Je verrai, si tu le veux, les pays de la neige.
De la bibliothèque de Maurice Genevoix, avec ex-libris.


