La Dernière Fleur

Parabole en images traduite par Albert Camus
Paris, Gallimard, (25 mars) 1952.
1 vol. (270 x 200 mm) non paginé. Cartonnage illustré de l'éditeur.
Édition originale.

Rien d’étonnant à ce qu’Albert Camus traduise la Dernière fleur du conteur et dessinateur américain James Thurber… En effet, après la parution de L’Homme révolté et la fratricide polémique qui s’en suivit avec Jean-Paul Sartre, Camus est meurtri, dépressif et littérairement stérile ; il lui est donc plus facile de transcrire que d’écrire. Et puis, la parabole du « Mark Twain du XXe siècle » est une illustration de l’absurdité humaine : bâtisseur et destructeur, l’Homme ruine inexorablement son oeuvre civilisatrice par la guerre et le ravissant livre de Thurber est livre une merveilleuse parabole.

Comment l’auteur du Mythe de Sisyphe serait-il resté insensible à ce message désabusé et détaché ? Sans compter qu’il fait écho à son article contemporain de la déclaration de la Seconde Guerre mondiale : « Nous savons qu’à une certaine extrémité du désespoir, l’indifférence surgit et avec elle le sens et le goût de la fatalité. (…) Tant d’efforts pour la paix, tant d’espoirs mis sur l’homme, tant d’années de lutte ont abouti à cet effondrement et à ce nouveau carnage! (…) C’est bien là peut-être l’extrémité de la révolte que de perdre sa foi dans l’humanité des hommes. Peut-être après cette guerre les arbres refleuriront encore, puisque le monde finit toujours par vaincre l’histoire. Mais ce jour-là, je ne sais combien d’hommes seront là pour les voir. » (Le Soir républicain, 17 septembre 1939).

Bel exemplaire.

#8005
Retour