La Dentellière

Paris, Gallimard, coll. « Le Chemin », (18 février) 1974.
1 vol. (120 x 185 mm) de 176 p., [6] et 1 f. Broché, sous étui.
Édition originale.

Envoi signé en forme de rébus : « Pour Jean [?] cette [pomme] dans un [arbre], Pascal Lainé ».

Publié en février par Georges Lambrichs, dans sa collection « Le Chemin », sans viser le Goncourt ou le Renaudot, ce roman de 177 pages maigrelettes va cheminer tranquillement. Ayant eu aussitôt le béguin pour Pomme, Armand Lanoux et surtout Raymond Queneau déclencheront le processus qui conduit à la gloire littéraire.

Il sera primé au sixième tour du scrutin cuvée 1974, par six voix contre quatre à René-Victor Pilhes (L’Imprécateur). Au tour précédent, Pilhes et Lainé ont cinq voix chacun. Hervé Bazin, président des Goncourt, refuse de faire jouer sa double voix : « Remettons à la démocratie le soin de trancher. » Au tour suivant, Michel Tournier s’est rangé dans le camp des supporteurs de Pascal Lainé : l’affaire est entendue.

Pascal Lainé accéde tout d’un coup à la célébrité, sans se douter qu’elle serait un personnage aussi encombrant : « C’est la pâquerette qui cache la forêt », avouera Lainé, élégante façon de dire que son roman le plus célèbre fera beaucoup d’ombre à ses autres livres. « Quand on a plus de quarante titres à son actif, on a le droit de penser à une oeuvre. Mon travail d’écrivain ne se limite pas à un seul ouvrage. Mais entendons-nous bien. Je ne renie pas La Dentellière, je ne crache pas dans la soupe, je suis un Goncourt heureux. À l’époque, j’ai vendu 330 000 exemplaires en édition courante, 500 000 en club France Loisirs. D’autre part, je ne compte plus les traductions et, bon an mal an, j’ai deux tirages en collection de poche. C’est un livre, ajoute-t-il, dont s’est emparé le corps enseignant très vite, à la fois en France et à l’étranger. Il servait d’étalon statistique en ce qui concerne l’emploi de certains mots. »

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