Un des 65 premiers exemplaires sur japon, celui-ci hors-commerce, marqué A.
Envoi signé : « à mademoiselle Spigel (sic), en la remerciant d'avoir si bien habillé ce même livre, et avec ma respectueuse sympathie, J. Kessel ».
Quand il ne bourlingue pas, Joseph Kessel n’en a pas moins une inextinguible soif d’aventures. C’est à Pigalle qu’il peut les assouvir. Là, il partage ses nuits, tapageuses mais littérairement fructueuses, entre « le Caveau caucasien », son cabaret tzigane préféré, tenu et fréquenté par l’émigration russe de Paris, et « Chez Nine », restaurant où se côtoient truands, avocats et hommes politiques. Dans ces deux établissements, il ne compte que des amis, héros déclassés, qui lui content leurs histoires tragiques ou dramatiques et s’inspire, pour La Coupe fêlée de l’extraordinaire parcours de la Davidova – Véra Pétrovna -, une voix de cuivre et d’airain, qui la conduisit de la gloire moscovite à la médiocrité parisienne. Kessel, passionné de musique, est le compagnon de Germaine Sablon, dont il s’est de toute évidence largement inspiré pour le personnage de Vera. Quant à un Drôle de Noël, ce sont les confidences bouleversantes et bouleversées d’un truand au grand coeur, le Gros Albert, alias Albert Aflalo.
Avant d’être publiées en volumes, ces nouvelles alimentèrent la dernière aventure éditoriale de Kessel : Détective, un hebdo policier, le premier du genre, qu’il vient de créer avec la complicité de Maître Maurice Garçon et les fonds de Gaston Gallimard.
Très bel exemplaire de tête, le premier d’entre eux, exemplaire A, offert à Doris Spiegel : cette illustratrice a commencé à dessiner dans le métro new-yorkais, puis s’est inscrite à l’Art Students League of New York : elle reçoit en 1928 une bourse Guggenheim, qu’elle a utilisée pour voyager en France afin de capturer des scènes de rue puis de réaliser quelques illustrations pour des maisons d’éditions : l’un de ses premiers travaux est de réaliser le vignette de la collection « Les Deux masques », tout juste créée et dont ce titre de Kessel sera un des premiers titres. Elle reste en France pendant près de deux ans ; ses illustrations seront reprises en 1933 dans le livre Paris to the Life: A Sketch-book, dont le texte sera rédigé par Paul Morand.









