La Côte sauvage

Paris, Seuil, 1960.
1 vol. (125 x 185 mm) de 184 p., [2] et 2 f. Demi-maroquin bleu à coins, titre doré, date en pied, couvertures et dos conservés (reliure signée de Alix).
Édition originale. Un des exemplaires poinçonnés du service de presse. Envoi signé : « Pour vous, chère Madeleine, près de qui j'ai parcouru des [côtes] moins [sauvage]s, ce livre dont les personnages n'ont pas “peur de souffrir” puisque c'est un peu le prix de l'amour ; en espérant que vous ne refusez pas de l'aimer - puisque c'est un peu le prix de ma joie, Jean-René Huguenin. »

Premier et unique roman publié du vivant de l’auteur, La Côte sauvage paraît en septembre 1960, salué par la critique comme une révélation. L’auteur, un jeune homme âgé de vingt-cinq ans, y impressionne par une maturité littéraire fulgurante, un style clair et pénétrant et une voix déjà très sûre d’elle-même.

C’est un roman de l’adolescence brisée et du désenchantement amoureux, traversé d’une tension entre lucidité désespérée et désir d’absolu. Jean-René Huguenin, qui meurt tragiquement dans un accident de voiture en septembre 1962, devient avec ce titre une figure mythique de la littérature française.

Rare exemplaire enrichi d’un envoi signé : la dédicace – d’une rare beauté – est adressé à Madeleine Mérignac, future épouse de Maurice Druon.
Elle témoigne d’une relation amicale forte, marquée par une certaine complicité littéraire et une sensibilité partagée.

Née en Espagne dans une famille de souche paysanne du Sud-Ouest, Madeleine Mérignac est la fille d’un officier de la Légion d’honneur mort prématurément. Élevée dans la rigueur, elle reçoit une instruction exigeante à la Maison d’éducation des Demoiselles de la Légion d’honneur, avant de suivre une formation de secrétaire chez Pigier. Indépendante, sérieuse, elle vit modestement rue de Grenelle, à quelques rues de Maurice Druon.

Elle rencontre ce dernier à la parution des Grandes Familles et devient sa secrétaire, dactylographiant ses manuscrits avec une rigueur orthographique et syntaxique remarquable. Présente à chaque étape de la rédaction des Rois Maudits, elle en devient une collaboratrice discrète mais constante. Son nom figure du tome I au tome VI – performance qu’elle ne partage qu’avec Pierre de Lacretelle et Georges Kessel. Matthieu Galey – qui fut aussi de « l’atelier » de Druon, et le principal rédacteur de son Alexandre le Grand, en 1958, la fit intégrer l’équipe de correction du Seuil à la fin de l’aventure éditoriale des Rois Maudits. Elle fut à ce titre peut-être invitée à prendre part aux corrections, voire à la frappe, du roman d’Huguenin.

Très bel exemplaire.

#31999
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