Un des 235 exemplaires sur pur fil (n° 89).
En 1956, outre ses activités journalistiques, Albert Camus écrit pour le théâtre et multiplie les nouvelles, qu’il rédige entre 1954 et 1956. Il les destine à L’Exil et le Royaume, qui paraîtra l’année suivante. « Un seul thème pourtant, celui de l’exil, depuis le monologue intérieur jusqu’au récit réaliste. Les six récits ont d’ailleurs été écrits à la suite, bien qu’ils aient été repris et travaillés séparément […]. L’exil, à sa manière, nous en montre les chemins, à la seule condition que nous sachions y refuser en même temps la servitude et la possession. »
La Chute – dont on ignore le titre primitif – y figure à l’origine, avant d’être écarté du recueil à venir : Camus en développe le texte jusqu’à en faire le roman que l’on sait. Sous un titre proposé par Roger Martin du Gard, La Chute est mis en vente le 16 mai et connaît un immense succès de librairie. Ceux qui prédisaient ironiquement « la chute de Camus » font silence. La plupart ont vu dans ce texte une sorte d’autobiographie, ainsi que ses contemporains tentent de lui faire admettre. Camus répondra invariablement que son seul point commun avec Jean-Baptiste Clamence « auquel on s’obstine à vouloir m’identifier » serait son manque d’imagination. (Le Monde, interview du 31 août 1956).
Bel exemplaire.




