Exemplaire signé par S.A.S Albert 1er de Monaco, au faux-titre.
Il est bien complet des deux grandes cartes dépliantes en couleurs : « Première croisière de la "Princesse Alice" aux régions arctiques » ; « Deux dernières croisières de "L’Hirondelle" et première croisière de la "Princesse Alice" aux Açores ».
Livre clé dans l’oeuvre imprimée du « prince savant », fondateur du Musée océanographique de Monaco (ouvert en 1910) et de l’Institut océanographique (Paris, 1906), ce récit de voyages rassemble, en volume, des textes d’abord parus en revue et compose une autobiographie maritime autant que scientifique, à bord de L’Hirondelle puis de la Princesse Alice, un des premiers navires conçus pour les campagnes océanographiques : c’est un trois-mâts goélette avec une coque en teck sur membrures d’acier ; sa figure de proue représente la princesse Alice, épouse du prince Albert Ier – première princesse américaine sur le rocher, 67 ans avant Grace Kelly – et marraine du navire.
Albert Ier décrit, instruments à l’appui, stations, sondages, chalutages, courants, faunes de profondeur et relevés bathymétriques, avec la précision d’un praticien et le phrasé d’un humaniste. Entre 1885 et 1915, il dirigera vingt-huit campagnes, totalisant 3 698 stations d’observation ; ses expéditions aux Açores et surtout dans l’Arctique (1898, 1899, 1906, 1907) contribuent à des progrès décisifs pour la cartographie de la zone, fixant durablement la place du prince dans l’histoire de l’océanographie et de la géographie polaire.
Tout en accédant au trône (10 septembre 1889) et sans se dérober aux responsabilités gouvernementales, il donne à Monaco un visage inédit : mécénat scientifique, modernisation infralittorale, politique culturelle tournée vers la recherche de terrain et le partage des savoirs. Son humanisme pacifiste irrigue ses écrits où science, diplomatie et éthique maritime se répondent ; la fracture de 1914, sa neutralité active (mise à disposition d’établissements et de moyens de TSF pour le secours aux blessés) puis le retournement provoqué par le bombardement de la cathédrale de Reims mèneront son manifeste moral qui prolonge la philosophie du navigateur à La Guerre allemande et la Conscience universelle (1919).
La Carrière d’un navigateur fixe la méthode, la cartographie et l’imaginaire d’une vie vouée à la mer et la conviction que la science rapproche les peuples et fonde une prospérité morale partagée.
Cette édition originale, publiée chez Plon, est rare dans ce premier tirage imprimé à Monaco ; un exemplaire signé par le Prince étant quant à lui rarissime.
Somptueuse reliure de Germain Vauthrin (élève de Bernard David, rue Visconti), d’une grande élégance, sans doute établie pour un commanditaire de goût.
Exemplaire de choix et un jalon de la littérature de l’exploration maritime et océanographique moderne.













