Un des 575 exemplaires sur alfa, celui-ci hors-commerce (n° XXV).
Un an après Raboliot (prix Goncourt 1925), installé dans la maison de son père à Châteauneuf-sur-Loire, où il est revenu vivre après la guerre, Maurice Genevoix se tourne vers le fleuve de son enfance. Il avait déjà, quatre ans plus tôt, offert un merveilleux Rémi des Rauches, qui faisait la part belle à la Loire, par la grâce d’un tonnelier visionnaire et d’une langue évocatrice. Le fleuve y était déjà omniprésent, jusqu’à devenir le dédicataire du roman.
La Boîte à pêche est, de prime abord, une évocation quasi ethnographique des formes de pêche en Loire, et du plaisir profond qu’elles procurent : un roman « du terroir », que le milieu intellectuel parisien a vite classé parmi les écrits « régionalistes », avec les oeillères qui lui sont coutumières. Genevoix revendique pourtant cette veine avec force – et tendresse : elle est, pour lui, une réponse à la barbarie, un antidote à la guerre, comme il l’écrit dans son avant-propos, en hommage à trois figures tutélaires : Najard, le maître à pêcher ; Bailleul et Jeanneret, les camarades d’enfance, de collège et de pêche.
C’est à la faveur du succès de Raboliot, Rémi des Rauches et La Boîte à pêche – trois textes imprégnés d’un vocabulaire d’une exceptionnelle richesse sensorielle -, que Genevoix pourra, en 1928, acquérir la maison des Vernelles, à Saint-Denis-de-l’Hôtel. Il y aménagera un bureau face à la Loire, et y écrira une grande partie de son oeuvre à venir.
De la bibliothèque Maurice Genevoix (ex-libris).








