Journal à rebours
Au printemps de 1940, l’ombre grandissante de la défaite a provoqué le reflux du nord vers le sud d’une France saisie de panique devant l’approche de l’ennemi. Colette a vécu l’exode comme tant d’autres et c’est « poussé(e) dans le dos » qu’elle quitte Paris avec son troisième mari, Maurice Goudeket et part s’installer chez sa fille Colette de Jouvenel, dite Bel-Gazou, à Curemonte où la vie s’organise tant bien que mal.
Consommatrice gourmande de parfums et de produits de maquillage (rouge à lèvres, fond de teint, kohol…), Colette – forte de son expérience comme créatrice d’un institut de beauté qui n’a pas rencontré un énorme succès – n’a jamais manqué une occasion d’y faire référence dans son oeuvre ! C’est là que commence Le Journal à rebours, dans le logis de fortune au coeur des deux châteaux en ruine de Saint-Hilaire et Plas. Elle y rédige la première partie, qu’elle intitule « Danger », et publie le recueil en mars 1941. Elle y aura entretemps ajouté une série de textes sur la Provence, des souvenirs sur Maurice Ravel, des textes animaliers, – dont un magnifique « Le coeur des bêtes », et un aveu, « La chaufferette », qui tient de la proclamation : « Non, je ne voulais pas écrire. Quand on peut pénétrer dans le royaume enchanté de la lecture, pourquoi écrire ? […] II est un peu tard pour que je m’interroge là-dessus. Ce qui est fait est fait. »
Bel exemplaire du tirage de tête, enrichi d’un envoi.

