Jocelyn

Épisode. Journal trouvé chez un curé de village
Paris, Gosselin & Furne, 1836.
2 vol. (135 x 220 mm) de viii et 322 p.; [2] f. et 328 p. Demi-chagrin maroquiné à coins, dos à nerfs orné de caissons et fleurons dorés, titre doré, date en pied, tête dorée, couverture et dos conservés, sous étui (reliure signée de Devauchelle).
Édition originale.

« Jocelyn est un homme sensible et passionné que des circonstances et des vertus jettent dans le sanctuaire, et qui devient curé de village. » Ainsi Lamartine présente-t-il lui-même son héros, figure de renoncement, d’amour sacrifié et de sublimation religieuse.

Sous-titré épisode et donné comme un « journal trouvé chez un curé de village », Jocelyn est pour Lamartine « un fragment d’épopée intime » qui doit, selon son avertissement au lecteur, « être lu comme cela fut écrit » : « C’est un rêve d’un coeur de seize ans. » Le 14 novembre 1835, alors que l’ouvrage touche à sa fin, Lamartine écrit à un ami : « Demain je termine la copie de huit mille vers que j’ai promis à Gosselin. »

Une fois l’oeuvre achevée commence une autre tâche, celle de sa mise en mouvement dans le monde littéraire. Lamartine s’y emploie avec une ardeur très moderne, sollicitant critiques, amis, lecteurs influents et relais mondains. Mais il ne semble pas avoir prévu l’ampleur du succès. Quelques jours après la mise en vente, il écrit à Virieu : « Jocelyn […] a fait son trou plus large que je ne croyais. C’est une fureur, une rage. Cela passe les Premières Méditations en succès unanime. Cela se lit dans les cours de tous les professeurs, dans les collèges, et cela s’en va par milliers d’exemplaires. » À Sainte-Beuve, il confie encore que Jocelyn « triomphe d’heure en heure dans le coeur des femmes » ; à Cazalès, qu’il passe son temps « à répondre à des billets parfumés ». La gloire, cette fois, apporte aussi l’argent : « Mon poème a un succès inouï. C’est magnifique ! Je ne m’y attendais pas ! Mon libraire me dit que je gagnerai 400.000 francs ! »

Le succès tient à la nature même du livre, qui tient à la fois poème narratif, du roman en vers et de la confession lyrique par le sacrifice et l’élévation de la douleur par la foi.

Bel exemplaire, relié sur brochure dans une agréable reliure pastiche d’Alain Devauchelle.

Carteret, II, 24 : « Ouvrage capital du poète. Rare en belle condition ».

#15230
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