Je m’en vais
Je m’en vais est le pendant de son autre livre, paru en 1997, Un an : l’histoire y est sensiblement la même, mais vécue et racontée par le prisme de Delahaye et d’une conquête de Ferrer, Victoire. Le titre, c’est celui de la phrase qui ouvre le roman : « Je m’en vais », annonce Félix Ferrer à la femme qui partage sa vie. Mais ce n’est pas tout de quitter sa femme, encore faut-il aller un peu plus loin. Son collaborateur à la galerie qu’il dirige, Delahaye, l’informe qu’un « trésor l’attend », enfoui sous les glaces du Grand Nord : le voici lancé dans une grande « aventure »…
Les poncifs sur l’oeuvre d’Echenoz, à la fois romans policiers, d’aventures, d’anti-héros, ne peuvent rendre compte et hommage au merveilleux style qui les caractérise : « C’est un travail manuel plus qu’intellectuel, un travail d’artisan où il faut tripoter les mots. Ce sont des bouts de ficelle. Un écrivain sérieux ne peut pas s’intéresser à autre chose, sinon c’est un historien ou un sociologue, ou un mauvais romancier. Le maître absolu, à ce jeu-là, est Jean Echenoz. C’est le meilleur styliste, aujourd’hui. » (Philippe Djian). François Nourissier, dans sa critique de rentrée du Figaro littéraire (septembre 1999), lui décerna même un « Premier prix de narration » ! Alors président de l’Académie Goncourt, ce dernier ira au bout de son idée et participera au couronnement du titre deux mois plus tard pour le Goncourt 1999.
Très bel exemplaire.

