Exemplaire Lucien Clergue, avec une dédicace au crayon multicolore.
Envoi signé : « à Clergue, bien cordialement, Henri Cartier Bresson, Arles, 6 juillet 59 ».
Premier grand recueil photographique d’Henri Cartier-Bresson, publié simultanément en version anglaise sous le titre de The Decisive Moment, l’ouvrage, devenu mythique, rassemble 126 photographies prises entre 1930 et 1950, accompagnées d’un texte de l’auteur.
Cet envoi signé atteste d’une rencontre précoce entre Cartier-Bresson et Lucien Clergue, alors jeune photographe arlésien déjà proche de Picasso, qu’il a rencontré à la sortie des arènes de la ville, en 1955, et Cocteau. Cartier-Bresson vient de rentrer de plusieurs mois passés en Chine, pour le dixième anniversaire de la prise du pouvoir maoïste, à l’invitation des Relations culturelles chinoises, lesquelles n’ignoraient pas qu’il avait assisté à la chute du Kuo-min-tang, en décembre 1948.
Cet été 1959, Cartier-Bresson qui vient de séjourner une dizaine de jours à Arles, en rapporte autant de clichés, dont le célèbre « L’Immortelle ». Il est présent à la fête estivale qui célèbre le centenaire de la publication du Mireille de Frédéric Mistral. Natif d’Arles, fondateur de cette fête locale qui avait pour but de promouvoir le port du costume par les jeunes Arlésiennes dont Cartier-Bresson vient en cet été 59 faire plusieurs portraits. À l’origine, les demoiselles qui accédaient, lors de ces fêtes, au statut d’Arlésiennes recevaient solennellement un diplôme délivré de la main de Frédéric Mistral !
La dédicace témoigne de l’estime réciproque entre deux figures majeures de la photographie française du XXᵉ siècle, et de cette rencontre précoce cet été-là.
Onze ans plus tard, Clergue créera les Rencontres d’Arles : Cartier-Bresson en sera invité d’honneur en 1979.
The Book of 101 Books, p. 208 ; Parr & Badger, The Photobook, vol. I, p. 208-209.



















