Hélie, garçon d’hôtel

Paris, Ollendorff, 1908.
1 vol. (125 x 195 mm) de [2] f. et 255 p. Demi-maroquin rouge à coins, dos richement orné, titre doré, tête dorée sur témoins, date en pied, couvertures illustrées et dos conservés (reliure signée de R. Aussourd).
Édition originale.

Un des 12 premiers exemplaires sur vergé de Hollande (n° 12).

Monté en tête : fragment autographe d'un article sur le dessinateur Sem (1 page en 1 f. 195 x 300 mm), où Lorrain évoque par « L'Album rouge » où l'artiste a caricaturé le chanteur et directeur de l'Opéra au Cap d'Ail Pedro Gailhard, dont il s'amuse des « attitudes directoriales et toujours toulousaines… ».

« Si Lorrain est oublié, c’est sans doute parce qu’il n’a pas laissé de grand oeuvre. Il écrit trop pour ça. C’est un écrivain de l’âge industriel, un journaliste, un type qui noircit du papier et peut mener jusqu’à dix travaux d’écriture en parallèle […]. Dans le genre, Maupassant a survécu à Lorrain. Est-ce parce que c’est un meilleur écrivain ou parce que Lorrain est moins facile à aborder ? Ce qui est intéressant chez Lorrain c’est qu’il ne cache pas du tout son homosexualité ; il n’hésite pas de surcroît à se travestir (en cocotte, en danseuse, en acrobate, en viking…), ce qui est d’une audace incroyable. Il amène ce qu’on pourrait considérer comme des prostitués mâles, des bouchers, des lutteurs, des loulous, dans la belle société pour en faire profiter qui veut, les femmes comme les hommes […] et aussi à travers des descriptions plus osées comme dans le très moderne Hélie garçon d’hôtel qui raconte ouvertement la vie d’un gigolo » (Benjamin Berton, entretien dans Commune au sujet de Dirty Dandy, 2025). Hélie garçon d’Hôtel porte également une vive contestation des hiérarchies sociales, où les domestiques n’ont de cesse que de « rétablir la vérité » sur les « abjections de leurs maîtres ».

#27857
Retour