Fureur et Mystère

Paris, Gallimard (14 septembre) 1948.
1 vol. (115 x 185 mm) de 264 p., [1] et 1 f. Maroquin vert, titre doré, filet doré sur les coupes, contreplats et gardes de chèvre velours assortis, tranches dorées sur témoins, couvertures et dos conservés, chemise et étui bordés (reliure signée de P.-L. Martin, 1959).
Édition collective, en partie originale.

Un des 14 premiers exemplaires sur vélin [vergé] de Hollande (n° X).

Fureur et Mystère reprend, avec des variantes, les trois recueils essentiels publiés après-guerre : Seuls demeurent, Feuillets d’Hypnos, Le Poème Pulvérisé, augmentés de trois poèmes : « La Conjuration », « Loyaux adversaires » et « La Fontaine narrative ». En dépit des recueils qui l’ont précédé depuis 1928 et de la vingtaine d’ouvrages qui l’ont suivi jusqu’à la disparition du poète en 1988, Fureur et Mystère fait figure d’oeuvre centrale : à la fin de la guerre et revenu dans le Vaucluse qui l’a vu naître, il reprend son activité poétique et livre un recueil d’une maturité exemplaire. Du titre du recueil qui acta sa rupture avec le surréalisme, il devient plus que jamais « le marteau sans maître » et un farouche partisan de liberté. Comme Seuls demeurent et Feuillets d’Hypnos, eux aussi pensés, mûris et rédigés pendant la guerre, Char envisage un recueil collectif dès 1941 : « Si jamais l’ensemble de mes poèmes voit le jour un jour (?!) j’aimerais assez ce titre général : Fureur et Mystère. C’est un peu solennel mais c’est une ville de greniers et de pas millionnaires le rapprochement de ces deux mots » (in Lettre à J.-C. Mathieu, t. 2, p. 111).

Le recueil que reçoit Albert Camus à l’automne 1948 lui valent ces mots : « je tiens René Char pour notre plus grand poète et Fureur et Mystère pour ce que la poésie française nous a donné de plus surprenant depuis les Illuminations et Alcools ».

De la bibliothèque Edmée Maus (ex-libris).

Exemplaire de choix, en parfaite condition.

L’Herne, Biblio. p. 268 n° 110 ; P.A.B., Bibliographie des ouvrages de René Char, n° 26 ; Dictionnaire Char, p. 255, « recueil le plus célèbre de Char, sans doute le plus important ».

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