Facile
Facile constitue l’un des plus beaux livres illustrés jamais réalisé. « Facile est bien ». On le saurait à moins pour ce livre, dont la sensualité est renforcée par la profondeur des noirs des photographies de Man Ray. Après Au défaut du silence, où Gala était omniprésente, Éluard compose pour Facile quatre poèmes évoquant Nusch (1906-1946), sa seconde épouse rencontrée en 1929, auxquels font écho, par un subtil jeu de mise en page, les nus de Man Ray où le corps n’apparaît jamais dans sa totalité. La tête entière ne se montre qu’une seule fois, les yeux jamais. C’est sur ces images que le poète écrit ces poèmes d’amour, publiés dans une mise en pages magistrale par le poète-typographe Guy Levis Mano, « ouvrier total », ainsi salué par Bachelard, qui signe en cette année 1935 son entrée dans l’édition surréaliste. De main de maître.
Man Ray suivra très attentivement toutes les étapes de la fabrication de ce livre raffiné.


