Éducation européenne

Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945.
1 vol. (120 x 185 mm) de 178 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé.

#32126
6 000 

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Éducation européenne

Paris, Calmann-Lévy, (juin) 1945.
Édition originale.

Un des 200 premiers exemplaires sur Outhenin-Chalandre (n° 149 ) - seul grand papier.

Envoi signé : « À Roland Feuvrier, bien amicalement Romain Gary, 15 nov. 1945 ».

L’unique « Feuvrier » connu dans l’entourage de Gary, avant, pendant et après 1945 est Charles Feuvrier, un nom qui revient à plusieurs reprises dans la vie de l’auteur, et dès le groupe Lorraine. Aucun « Roland » n’est connu. Gary, au début de cette relation, a-t-il pu se tromper dans le prénom de son compagnon, on tend-il à désigner – s’il n’est pas un surnom (un sur-prénom, en l’occurence) – quelqu’un d’autre ?

Il semble peu probable que l’exemplaire ait été offert à un parfait inconnu, surtout un grand papier. Dès lors, l’hypothèse Charles-Valère Feuvrier, apparaît comme possible, sinon probable. Peu d’exemplaires dédicacés sont connus : celui-ci, et ceux de Maurice Nadeau, Francis Dumont (collaborateur chez Calmann-Lévy), Maria Errázuriz, Pierre Calmann et Raymond Aron. Tous des proches, soit par Londres, soit par la sphère éditoriale de son premier livre.

Si il s’agit bien de Charles Feuvrier, c’est une provenance majeure : lui et Gary resteront liés longtemps, puisqu’il sera le témoin de Gary à son mariage avec Jean Seberg le 16 octobre 1963. Général d’armée, il occupe à cette époque la fonction de chef de la sécurité militaire, qui « a pour mission d’empêcher le renseignement soviétique d’infiltrer l’armée française, mais surtout de surveiller les agissements du FLN ». C’est grâce à ses bons soins – et grâce à un avion affrété depuis la base de Villacoublay – que le couple s’envolera en toute discrétion vers la Corse et le petit village de Sarrola-Carcopino où sera célébrée leur union.

Une opération classée « secret-défense », qu’avait réclamée Gary aux plus hautes autorités de l’État en échange de sa participation à quelques missions clandestines contre l’OAS. Le général de Gaulle en personne lui donnera sa bénédiction. Originaire de Damprichard, dans le Doubs, Feuvrier fit aussi enregistrer « faussement » la naissance du fils du couple, Diego (en réalité né à Barcelone, le 17 juillet 1962), à Charquemont, une commune toute proche : il déclare cette naissance le 26 octobre 1963, dix jours après le mariage, et quinze mois après la naissance réelle de celui qui sera seul enfant. Promu général de division aérienne quelques semaines plus tard, Charles Feuvrier devient chef d’état-major de la délégation française auprès du groupe permanent Nord-Atlantique, à Washington, avant d’être élevé au rang de général de corps aérien et d’occuper, entre 1965 et 1967, les fonctions de chef de la mission militaire française auprès du comité militaire de l’OTAN.

En novembre 1945, Gary et Feuvrier ont tous les deux regagné la France, après deux années passées ensemble à Londres au sein du groupe Lorraine. C’est pour Gary le début d’une carrière diplomatique doublée de celle d’écrivain ; pour Feuvrier, le début d’une grande carrière d’officier et administrateur militaire. Un mois après avoir reçue cette dédicace, Feuvrier va commander la base aérienne d’Avord, près de Bourges, celle-là même où Gary obtint ses brevets militaires de pilote en 1939.

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