Exemplaire comportant, monté en tête, le portrait de l'auteur par Armand Coussens - 1 épreuve sur japon justifiée et signée (15/120).
Du côté de chez Swann est imprimé à 1750 exemplaires en 1913, suivi bientôt de deux autres tirages de 500 exemplaires chacun, avec des variantes au texte et à la composition : l’achevé d’imprimer figure au verso d’un feuillet séparé, après une table des matières qui n’existe pas dans l’originale.
Tous ont un achevé d’imprimer daté du 8 novembre 1913.
Exemplaire de première émission, sans la table des matières, et de premier état : une faute fut corrigée au cours de ce premier tirage ; celle d’une espace levée à GRASSET, présente entre le E et le T.
Notre exemplaire possède bien cette coquille typographique, communément admise comme marque du tout premier état.
Les grands papiers (5 japon et 12 hollande) ont été tirés postérieurement, avec les fautes corrigées.
C’est à partir de 1909 que Marcel Proust entre en discussion avec les éditeurs en vue de la publication de sa fresque à venir et trouve en Bernard Grasset un interlocuteur intéressé qui accepte de publier à compte d’auteur la première partie de l’ouvrage : Du côté de chez Swann, où le romancier révèle sa maîtrise de la phrase, mise au service de l’exposition des sentiments et des « intermittences du coeur ». Le petit univers de Combray se livre alors pour la première fois, entamant un des plus remarquables cycles littéraires jamais produits, qui n’invite qu’à une chose, ralentir, prendre le temps, pour voir évoquer avec une précision totale les vêtements, les visages, les couleurs, les parfums, les corps et le temps, en reconstituant l’enveloppe d’un monde dont il sait bien qu’il est jour après jour un peu plus sur la pente de l’imperfection. N’empêche : personne n’aura été si loin dans le portrait, la chair et le souvenir.
Très bel exemplaire, enrichi d’un portrait de Marcel Proust dessiné et gravé par Armand Coussens, à la pointe-sèche, en épreuve sur japon justifiée et signée (15/120). C’est vers 1920 que ce graveur français livra une série de pointes-sèches donnant de beaux portraits d’écrivains : Rimbaud, Daudet, Toulet, Gide, Maurras, France, Valéry et Proust. On retrouve régulièrement l’une des 120 épreuves dans des exemplaires de ces années-là.













