Djamila Boupacha

Paris, Gallimard, (23 janvier) 1962.
1 vol. (145 x 205 mm) de 280 p., [1] et 1 f. Broché, non coupé.

#32153
800 

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Djamila Boupacha

Paris, Gallimard, (23 janvier) 1962.
Édition originale. Illustrée d'un cahier de reproduction photographiques.

Un des 125 premiers exemplaires sur vélin pur fil (n° 92).

Livre-document au coeur de la bataille juridique et morale des dernières années de la guerre d’Algérie, il naît de la rencontre entre Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir autour du cas de Djamila Boupacha, jeune dactylographe de 22 ans, militante du FLN, arrêtée dans la nuit du 10 au 11 février 1960 et inculpée pour un engin déposé en septembre 1959 à la Brasserie de la Faculté d’Alger (bombe repérée et désamorcée, sans victimes). Entre l’arrestation et la présentation au juge (15 mars), Djamila est torturée et violée au centre de Hussein Dey, ce qui arrache des « aveux ». Halimi, avocate au barreau de Paris, prend sa défense en mai 1960 (premier entretien à Barberousse, 17 mai 1960) et construit une stratégie publique : faire établir les sévices (électricité, brûlures, viol instrumentalisé) pour révoquer les aveux, éviter la peine de mort et poursuivre les auteurs. Elle rallie Simone de Beauvoir, qui publie dans Le Monde le 2 juin 1960 la tribune « Pour Djamila Boupacha », déclencheur d’un comité de soutien réunissant notamment Jean-Paul Sartre, Louis Aragon, Elsa Triolet, Gabriel Marcel, Geneviève de Gaulle, Aimé Césaire, Germaine Tillion. L’offensive obtient des décisions alors exceptionnelles : dessaisissement du tribunal militaire d’Alger au profit du parquet de Caen et transfert de la détenue en France.

L’ouvrage qui paraît en février 1962 rassemble le récit de Beauvoir et d’Halimi, augmenté de pièces et témoignages (Henri Alleg, Mme Maurice Audin, général de Bollardière, R.P. Chenu, Dr Jean Dalsace, J. Fonlupt-Esperaber, Françoise Mallet-Joris, Daniel Mayer, André Philip, J.-F. Revel, Jules Roy, Françoise Sagan) ; le livre s’ouvre sur le portrait au fusain de Djamila dessiné par Picasso en décembre 1961, demandé par Halimi d’après photographie, devenu le frontispice du volume.

Trois mois plus tard, à la suite des accords d’Évian, Djamila Boupacha est libérée le 24 mai 1962, sans avoir été jugée.

Un texte cardinal contre la torture.

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