Défense de Lady Chatterley
Un des 850 exemplaires sur alfa - seul grand papier - (n° S.P. 21).
Lawrence avait fait imprimer lui-même à Florence, en 1928, la première édition non expurgée de son roman. L’ouvrage se heurte immédiatement à la censure et aux saisies douanières ; sa circulation clandestine provoque en outre une multiplication des éditions pirates. Mais Lawrence est surtout exaspéré par le malentendu fondamental qui entoure son livre : il a voulu écrire contre la pornographie et se voit accusé d’avoir écrit un livre pornographique. C’est à ce paradoxe que répond sa Défense ; Lawrence avait délibérément employé dans son roman des mots anglais considérés comme imprononçables dans la littérature respectable, soutenant l’idée que les mots deviennent obscènes parce qu’on les a rendus obscènes. La provocation de Lady Chatterley consiste donc aussi à vouloir rendre leur innocence à des mots que la société a salis.
André Malraux, préfacier de l’édition française de L’Amant de Lady Chattelrey, paru quelques mois plus tôt, a clairement dégagé les intentions de D. H. Lawrence. « Le sexe est un contact dont nous avons peur. Nous ne sommes qu’à demi-conscients, à demi-connaissants. Il faut que nous devenions vivants et connaissants. Ainsi, loin d’être obsène ou pornographique, l’Amant de lady Chatterley est un livre rafraîchissant et sain qui pense les choses sexuelles honnêtement et proprement. »
Très bel état.

