Conseils pour voyager sans argent
Un des 25 exemplaires sur japon (no 18).
Court texte emblématique de l’esthétique du voyage chez Paul Morand, Conseils pour voyager sans argent appartient à cette constellation de récits, chroniques et fragments où l’écrivain exprime sa passion du mouvement et de l’ailleurs. « Du plus loin qu’il m’en souvienne, toujours cette envie d’être ailleurs, implacable, tenace comme une lésion, et les atlas toujours grand ouverts », écrit-il en 1926. Cette inclination ne se démentira jamais. Du premier séjour en Angleterre, en 1908 – Londres, sa « première expérience des chemins du monde » – jusqu’aux derniers voyages en Tunisie, en Sicile ou à Jersey l’année même de sa mort en 1976, Morand n’a cessé de parcourir le monde. Plus qu’un voyageur, il se voulait un homme du mouvement : « Je n’aurai pas honte de ma vie tant qu’elle sera mobile. »
Ses conseils distillent un art très personnel : le paysage, la ville ou l’anecdote sont saisis d’un trait vif, presque fulgurant. Nicolas d’Estienne d’Orves a justement résumé cette manière dans la préface de l’anthologie Bains de mer, bains de rêve (2019) : « Morand est un tireur d’élite. Jamais de mitraille, mais un seul trait juste, précis, implacable. Il saisit au sens premier du terme : il attrape une image, une scène, la ligote pour mieux la libérer en mots, et le voyage se fait livre. »
L’écrivain y livre en filigrane une véritable philosophie de l’errance, que nous pourrons résumer par la formule de Rudyard Kipling : « Tout bien considéré, il n’y a que deux sortes d’hommes dans ce monde, ceux qui sortent et ceux qui restent chez eux. »
Magnifique exemplaire de cette rare plaquette, livrée sous une ô combien fragile couverture de papier bleu : elle est ici à l’état de neuf.


