Châtiments
Elle fut tirée à 2 000 exemplaires, dont un grand nombre fut détruit.
Précieux exemplaire ayant appartenu à Julien Stirling, grand hugolien et hugolâtre de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.
Il comporte l'épreuve n° 1 du plus petit portrait gravé de Victor Hugo, particulièrement adapté au format des Châtiments, ainsi que son cuivre original, monté sur le premier plat de la reliure.
À la suite du coup d’État du 2 décembre 1851 qui voit l’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo doit s’exiler. Après avoir interrompu Histoire d’un crime qu’il ne fera paraître qu’en 1877 et au moment où il commence à rédiger son pamphlet Napoléon-le-petit, Hugo a déjà en tête son pendant satirique, qu’il songe à appeler Les Vengeresses, puis Le Chant du Vengeur, avant de chosir le seul mot de Châtiments, un « titre menaçant et simple, c’est-à-dire beau », écrit-il à son éditeur Hetzel.
Le recueil connaît une double édition à Bruxelles en novembre 1853, une version officielle, auto-censurée par des lignes de points, que Hugo nomme « l’Eunuque ». C’est la véritable originale du texte.
Important exemplaire, avec le cuivre original et l’un des huit épreuves tirées du portrait. Il est l’oeuvre du Strasbourgeois Julien Stirling, attaché par la suite au Service historique de la ville de Paris. Il voua une passion pour Victor Hugo et une chronique toute entière lui sera consacrée en 1903 (in Le Carnet, « Un Hugolâtre [Julien Stirling] », p. 413 et suiv.). Avant l’achat de la collection par Paul Meurice pour la création du musée, Louis Koch, neveu et héritier de Juliette Drouet, avait dispersé quelques éléments de Hauteville House, dont plusieurs furent cédés à Julien Striling (provenant en particlier de la salle à manger).
Stirling fit graver ce qui constitue le plus petit des portraits de Victor Hugo, dont il ne fit tiré que huit épreuves.
L’une d’elle (n° 4), figure dans l’exemplaire Noilly puis Claretie de La Voix de Guernesey (Vente Claretie, n° 713), relié par Allô, ce qui permet de cerner la date de la fabrication de ce portrait du vivant de Victor Hugo (vente Noilly en 1886, Allô étant décédé en 1890).
Le présent exemplaire est le sien, dans lequel il fit monter, sur le premier plat, le cuivre original de ce portrait, en conservant l’épreuve n° 1, montée en tête avant la couverture. Nous n’avons pu localiser aucune des autres épreuves de ce portrait, hormis celui de l’exemplaire Noilly-Claretie.
Cette édition de Bruxelles constitue bien l’édition originale, pour ne pas dire princeps, des Châtiments. « Un grand nombre de vers y sont remplacés par des lignes de points ; mais contrairement à ce qu’ont écrit plusieurs bibliographes, je tiens de M. Paul Meurice que Victor Hugo, sans y prêter son concours, n’a jamais désavoué cette édition » (Vicaire).
De la bibliothèque Julien Stirling (ex-libris).
Clouzot p. 148 ; Michaux, Essais bibliographiques concernant les oeuvres de Victor Hugo, parues pendant l’exil, p. 22-23). Vicaire, IV, col. 312 ; Carteret, I, p. 415.



