Chanson douce
Envoi signé : « À Gérard P[ouguet], Cette berceuse cruelle, Leïla Slimani, 18.11.2016 ».
Dès sa première phrase – « Le bébé est mort. » -, Chanson douce empoigne le lecteur et ne desserre plus l’étreinte. À rebours d’une berceuse, Leïla Slimani remonte patiemment le temps d’un double infanticide (inspiré d’un fait divers new-yorkais de 2012) pour suivre la trajectoire d’une nounou « parfaite », Louise, que l’isolement, la précarité et l’humiliation conduisent au bord du gouffre.
Écriture sèche, clinique et précise pour la deuxième oeuvre d’une romancière née en 1981 à Rabat, passée par la khâgne et Sciences Po qui confirme un talent déjà remarqué avec Dans le jardin de l’ogre. Leïla Slimani devient la 12e femme lauréate en cent treize ans de Goncourt, et la deuxième du Maghreb, après l’auteur de La Nuit sacrée.
Le prix lui est attribué dès le premier tour et ajoute un nouveau laurier à la moisson de Gallimard, la maison qui a toujours fourni le plus important contingent de lauréats au prix-roi de l’édition française et qui ne l’avait obtenu « que » trois fois depuis 2001.
Bandeau éditeur et bandeau Goncourt joints.
