Ceux de 14
« Ceux de 14 est un chef-d’oeuvre absolu qui se lit comme une montée vers le sacrifice et l’horreur. Le sommet, c’est la bataille des Éparges, qui est le paroxysme de la violence, l’une des pires épreuves de 14-18 […] en raison de leur extrême violence, du bombardement continu d’une position réduite [qui] préfigurent l’intensité de la bataille de Verdun. L’attention portée aux hommes vivants et combattants près de lui, dont plus d’une centaine sont précisément identifiés, donne une épaisseur humaine incomparable à ce texte dont la beauté littéraire a été immédiatement admirée », assure l’écrivain Michel Bernard, auteur de Pour Genevoix (La Table ronde, 2011). Huit cents pages, pour huit mois sur le front. C’est indéniablement le témoignage le plus abondant, le plus précis et le plus exact sur l’expérience combattante.
Cet exemplaire gardé dans par Genevoix dans sa bibliothèque des Vernelles est enrichi d’ajouts manuscrits – complètement inédits – qu’il a porté aux pages de son premier livre, Sous Verdun . C’est dire combien, quelques trente-cinq ans plus tard, certains souvenirs, détails encore douloureux ont surgi et l’ont poussé à les consigner : « lundi 7 septembre […] Je reconnais de loin le capitaine Rive […] je vais au devant de lui pour lui rendre compte […] » et Genevoix d’ajouter à l’encre au bas de cette page cette page 32 : « Il a été odieux. Alors que j’étais le seul, lors du repli dont nous avions reçu l’ordre vers le point de ralliement désigné, à raisonner le cheminement de ma section et à épargner ainsi des existences, alors que je m’attendais, légitimement, à en être félicité, il s’est « étonné » du chiffre des pertes à ma section, moindre en effet pour la raison que j’ai dite. C’est pendant leur repli, non contrôlé et hasardeux, que les autres sections ont trinqué en supplément. » L’injustice et la méfiance de ce gradé devant le soldat Genevoix, continua de creuser, semble-t-il, (même si il écrit à la suite de cela qu’ils s’expliquèrent plus tard), un sillon de douleur aussi vif trente ans plus tard qu’au jour où il fut si sournoisement suspecté.
Exemplaire émouvant et riche de notes inédites de l’auteur.
Mention de mille en couverture.
De la bibliothèque de Maurice Genevoix, aux « Vernelles », avec ex-libris.


