Ceux de 14

Paris, Flammarion, (janvier) 1955.
1 vol. (150 x 215 mm) de 670 p. et [1] f. Broché, non coupé.

#32142
300 

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Ceux de 14

Paris, Flammarion, (janvier) 1955.
Envoi signé : « Pour Monsieur René de Sariac, ce témoignage pour une génération mutilée, cordial hommage de Maurice Genevoix ».

Exemplaire enrichi d'une grande aquarelle originale en regard de l'avant-propos, représentant un soldat de 14, avec envoi signé de l'artiste : « Pour Monsieur René de Sariac, ce poilu que je n'ai pas beaucoup vu, Berthommé Saint-André ».

Ceux de 14 rassemble les récits de guerre de Maurice Genevoix. Rappelons que, jeune normalien, Genevoix intègre en septembre 1914 le 106e régiment d’infanterie et part combattre en Argonne, notamment à la Tranchée de Calonne : il y est grièvement blessé six mois plus tard, le 25 avril 1915 de trois balles, deux au bras et une à la poitrine. Après sept mois de soins, il rentre à Paris, rue d’Ulm et, sous les encouragements du secrétaire général de l’École normale supérieure, Paul Dupuy, avec qui il avait longuement correspondu pendant l’enfer de ces six mois, il accepte de relater son expérience du front et publie Sous Verdun, en avril 1916. Suivront Nuits de guerre, en mai 1917, Au seuil des guitounes, en septembre 1918, La Boue, en février 1921, et enfin Les Éparges, en septembre 1921 : une oeuvre à la fois historique et littéraire qui figure au premier rang des témoignages publiés sur la Grande Guerre.

En 1949, Genevoix décida de les rassembler, modifiant le découpage de ses récits et apportant quelques modifications au texte original pour ne plus former que quatre récits au lieu de cinq. « Ceux de 14 est un chef-d’oeuvre absolu qui se lit comme une montée vers le sacrifice et l’horreur. Le sommet, c’est la bataille des Éparges, qui est le paroxysme de la violence, l’une des pires épreuves de 14-18 (…) en raison de leur extrême violence, du bombardement continu d’une position réduite [qui] préfigurent l’intensité de la bataille de Verdun. L’attention portée aux hommes vivants et combattants près de lui, dont plus d’une centaine sont précisément identifiés, donne une épaisseur humaine incomparable à ce texte dont la beauté littéraire a été immédiatement admirée », assure l’écrivain Michel Bernard, auteur de Pour Genevoix (La Table ronde, 2011). Huit cents pages, pour huit mois sur le front. C’est indéniablement le témoignage le plus abondant, le plus précis et le plus exact sur l’expérience combattante.

Bel exemplaire offert à l’avocat René de Sariac, enrichi d’une belle aquarelle de Louis Berthommé Saint-André.

Lauréat du Prix Abd-el-Tif en 1925, ce peintre est alors le plus jeune pensionnaire de la fameuse villa d’Alger dédiée aux Arts et participe, à partir de 1931, à de nombreuses publications illustrées, dont plusieurs érotiques pour des oeuvres de Boccace, Verlaine, Apollinaire ou Baudelaire : « Bien qu’il ait peint beaucoup de paysages, il est surtout connu comme peintre de personnages, et plus particulièrement de femmes… » (Connaissance des arts, n° 80, octobre 1958). Il n’a jamais illustré Genevoix et – né en 1905 – n’a pas directement connu la Grande guerre ; il aurait pu pour autant tout à fait l’illustrer.

Mention de 14e mille.

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