Un des 185 exemplaires sur papier Ingres rose (n° 185).
Envoi signé : « à Georges Hugnet… Quand le poème se sépare du poète… pour un autre poète avec les amitiés de René Char ».
Deux ans avant Ralentir Travaux, Artine marque le premier rapprochement, déterminant, entre Char, Breton et Éluard. Char fera à ce dernier le plus beau des cadeaux une fois le texte publié : il lui offrira le manuscrit d’Artine, rédigé sur papier jaune. Éluard le conservera jusqu’à sa mort, avant que René Char ne le récupère. Lequel, lui aussi, le gardera aux Busclats toute sa vie.
Très bel exemplaire, de remarquable provenance. Les fragiles couvertures roses sont parfaitement conservées, ainsi que le rare prière d’insérer. Le texte de ce dernier est rédigé par René Char avec la collaboration d’André Breton et de Paul Éluard, et s’ouvre sur cette exclamation « Femmes qu’on ne voit pas, attention ! », une sentence parue dans un journal parisien sous forme d’une petite annonce qui fit son petit effet puisque, le soir même, deux jeunes femmes se présentèrent chez René Char…
« Les six lettres d’Artine, insiste Pierre Sebbag, se trouvent dans Ralentir [Travaux] (…), l’achevé d’imprimer du premier est le 24 novembre 1930, celui du second, du 25 novembre ». Tout cela semble avoir été coordonné, d’autant que, de l’aveu de Char lui-même, le titre de Ralentir Travaux « a été trouvé sur la route de Caumont-sur-Durance, à quelques mètres de la demeure d’une jeune fille rencontrée sur la pelouse d’un hippodrome », celle là-même qui fut à l’origine d’Artine.
















